Auteur d’une populaire bande dessinée d’horreur, Todd (Jesse Williams), en panne d’inspiration pour la fin du dernier chapitre de sa série, part en road trip avec sa blonde, son éditeur et son assistante. En route de Toronto vers New York, où il est attendu dans un congrès de type Comic-Con, Todd se retrouve sur les lieux de son enfance, et des meurtres réels qui ont inspiré son œuvre.

Marc Cassivi Marc Cassivi
La Presse

Bédéiste, Todd a fait d’un tueur en série des années 80 qui n’a jamais été arrêté, Slasherman, un héros de BD avec une vision d’artiste. Sous son masque de soudeur, Slasherman fait des sculptures sordides de ses victimes.

Or, voilà que de nouveaux meurtres sont commis près du village natal de Todd, et qu’ils semblent s’inspirer de cases de sa bande dessinée. La réalité rejoint la fiction, de la plus sordide des façons, et le danger se rapproche de plus en plus de Todd et de son entourage.

Embrassant la tradition saignante des « slasher films », cascades d’hémoglobine à profusion, le comédien, scénariste, réalisateur et producteur d’origine montréalaise Jay Baruchel, connu surtout comme acteur dans des comédies régressives hollywoodiennes, signe un film qui pose un certain nombre de questions éthiques sur l’art et l’artiste.

IMAGE TIRÉE DE L’INTERNET

Random Acts of Violence

L’artiste peut-il être tenu responsable des actes de ses admirateurs ? La violence fictive engendre-t-elle la violence réelle ? Manque-t-on d’empathie lorsqu’on s’intéresse davantage dans les œuvres aux victimes qu’aux meurtriers ?

Il y a des accents de David Lynch et de David Cronenberg dans l’esthétique intrigante de ce film très gore. La trame manque parfois de logique — pourquoi Untel n’a pas verrouillé la portière de sa voiture, pourquoi Unetelle ne démarre pas en trombe ? — et Baruchel, souvent apprécié pour ses traits d’humour, se prend peut-être au sérieux. Mais il donne à réfléchir... en plus de faire peur.

★★★

Random Acts of Violence (V.F. : Actes de violence). Film d’horreur de Jay Baruchel. Avec Jesse Williams, Jordana Brewster, Jay Baruchel. 1 h 20.

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