En 1979, alors âgé de 25 ans, Pierre, fraîchement rentré en France après avoir séjourné au Wyoming pendant un moment, achète de son père la ferme familiale. Vingt ans plus tard, la nouvelle réalité du monde agricole commence à peser lourd et les dettes s’accumulent, entraînant l’agriculteur dans les affres de la dépression.

Marc-André Lussier Marc-André Lussier
La Presse

En s’inspirant de la propre histoire de son père, Édouard Bergeon, qui signe ici un premier long métrage, propose un drame familial campé dans le milieu agricole. Car au-delà des difficultés que rencontrent depuis des décennies les agriculteurs pour maintenir leur ferme à flot, Au nom de la terre fait aussi écho à un conflit générationnel.

En rachetant la ferme familiale qu’a dirigée son père et avant lui son grand-père, deux hommes issus de générations où les efforts et le travail se soldaient par l’assurance d’une belle existence, Pierre (Guillaume Canet) se bute rapidement à la nouvelle réalité. Même en mettant tous les efforts et en se tuant au travail, il n’est pas dit que son entreprise pourra survivre. Et qu’en sera-t-il alors de ses relations avec sa femme et ses enfants ?

IMAGE FOURNIE PAR AXIA FILMS

Au nom de la terre

Avec une imagerie qu’on pourrait associer au western (Eric Dumont – La loi du marché, En guerre – signe la direction photo), Bergeon nous plonge ainsi au cœur d’un drame intime en traduisant de façon très juste la dynamique qui peut s’installer dans un monde où tout le monde se connaît. Sans sensiblerie, il n’hésite pas non plus à évoquer la tragédie d’un homme qui sombre dans le plus noir d’une dépression. Guillaume Canet, qui s’est transformé physiquement pour ressembler le plus possible au vrai père du cinéaste (que l’on verra dans des scènes d’archives à la fin), livre une performance déchirante, tout comme Anthony Bajon dans le rôle du fils.

En ramenant le spectateur aux valeurs essentielles de l’existence, Édouard Bergeon propose un film à hauteur d’homme, éminemment humain. C’est probablement ce qui en a fait un si grand succès dans l’Hexagone.

★★★½

Au nom de la terre. Drame d’Édouard Bergeon. Avec Guillaume Canet, Veerle Baetens, Anthony Bajon. 1 h 43.

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