Alors que leur fils unique, Jamie, vient les visiter pour un court week-end, Edward annonce à sa femme Grace qu’il la quitte pour une autre femme. Consternée, cette dernière s’enfonce dans le déni et tente par tous les moyens de recréer son couple.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

La planète cinéma a été éblouie, l’automne dernier, par le film Marriage Story, dont la puissance narrative n’avait d’égale que la performance des acteurs principaux. Au jeu des comparaisons, disons tout de suite qu’Hope Gap n’atteint pas la maîtrise du film de Noah Baumbach. Il n’en reste pas moins une œuvre tout à fait acceptable.

D’aucuns aimeront dès le départ le décor de carte postale dans lequel l’histoire est installée, à savoir la petite ville côtière de Seaford et ses falaises de craie, sise dans le sud de l’Angleterre. Un décor et une ambiance balnéaires qui ne sont pas sans rappeler celles de l’extraordinaire série policière Broadchurch diffusée sur Netflix.

C’est dans ce décor qu’on assistera au délitage d’un mariage vieux de 29 ans entre la très bornée Grace (Bening), qui veut tellement croire que tout fonctionne, ou plutôt fonctionnera de nouveau, à merveille au sein de son couple, et le taciturne Edward (Nighy), qui est déjà passé à autre chose.

PHOTO FOURNIE PAR ROADSIDE ATTRACTIONS

Affiche du film Hope Gap

L’un comme l’autre est incroyablement manipulateur. Autant Grace joue de la phrase assassine pour que son mari et son fils se sentent coupables, autant Edward se sert de Jamie comme d’un paravent et d’un paratonnerre.

C’est là, plus que dans les décors, que le film prend tout son sens. Chacun joue son rôle à merveille et avec la retenue nécessaire. Chacun est convaincant à souhait. Grace s’emploie à tirer tout le monde vers le fond. Malhabile, Edward conserve son attitude très « angliche ». Dans le rôle du fils pris en otage entre son père et sa mère, Josh O’Connor est traversé de toutes les émotions propres à un jeune homme en déroute, qui ne sait pas trop où se mettre et cherche par tous les moyens à leur dire qu’il veut vivre sa propre vie.

Les dialogues sont très bien. Par exemple dans cette scène où le père emploie les mots justes pour expliquer à fiston la différence entre les sentiments qu’il a envers Grace et ceux qui s’expriment pour Angela, sa nouvelle amoureuse.

La musique est parfois un peu insistance. Le décor est parfois un peu trop plaqué pour faire sentir les bons sentiments. Mais le film va certainement plaire à un large public.

Offert en VSD et sur AppleTV

★★★½

Drame. Hope Gap (V. F. Ce qui nous sépare), de William Nicholson. Avec Annette Bening, Bill Nighy et Josh O’Connor. 1 h 40