Issu d’une longue lignée de criminels, Artemis Fowl est doué d’une intelligence extraordinaire. Pour sauver son père, détenu en otage, il se retrouve au cœur des hostilités qui déchirent un univers peuplé de fées, d’ogres et de nains.

Danielle Bonneau Danielle Bonneau
La Presse

Disney s’engage en eaux troubles avec sa version édulcorée de l’œuvre de l’auteur Eoin Colfer. Dès la sortie de la deuxième bande-annonce, des fans de la série de livres ont exprimé leur colère à la vue des changements majeurs apportés à la nature même du personnage central. Le long métrage n’apaisera pas leur grogne. Et il ne risque pas d’aiguiser la curiosité d’une nouvelle génération à l’égard du jeune antihéros.

Le problème ? Artemis Fowl, sous la plume de son créateur irlandais, est un criminel aguerri malgré ses 12 ans. Froid et calculateur, il ne recherche que le profit. Dans le premier roman, son père est absent et sa mère malade. Il a les coudées franches pour ourdir un plan machiavélique et capturer une fée, déclenchant une guerre qu’il a parfaitement prévue. Son énorme garde du corps, Butler, obéit à ses ordres. Dans la version cinématographique, il est réduit à un rôle typique d’adolescent, certes intelligent, mais qui n’a aucun contrôle sur la situation.

Pour ajouter un élément émotif, on lui donne une noble mission : sauver son père (Colin Farrell), qui cherche à sauver le monde (!). L’histoire se perd alors dans un dédale compliqué, où l’on ne sait trop ce qui se passe, pour respecter des éléments qui se retrouvent surtout dans le premier roman. Les décors sont magnifiques et certains effets spéciaux sont spectaculaires, mais cela ne suffit pas pour soutenir l’intérêt.

L’idée d’adapter la série Artemis Fowl pour en faire une franchise aussi populaire que Harry Potter est dans l’air depuis longtemps. Disney jongle avec le concept depuis 2013. Le bon dosage pour adapter l’histoire à l’écran n’a pas été trouvé, malgré les efforts du réalisateur Kenneth Branagh (Thor, Cinderella).

IMAGE FOURNIE PAR DISNEY

Affiche du film Artemis Fowl

Judi Dench n’a pas l’air à sa place dans le rôle du commandant des fées, Root. Ferdia Shaw a l’air trop inoffensif dans la peau d’Artemis Fowl. Puis il y a cette impression de déjà vu, lorsqu’il revêt un complet noir avec une cravate noire et des lunettes de soleil foncées, comme dans la franchise Men in Black. La fée inexpérimentée Holly Short (Lara McDonnell) offre beaucoup trop vite son appui.

Heureusement qu’il y a Josh Gad, à des années-lumière de l’adorable bonhomme de neige Olaf (Frozen et Frozen 2), méconnaissable sous les traits de Mulch Diggums, un nain aux cheveux hirsutes et à l’appétit vorace. Les puristes diront qu’il n’aurait jamais aidé des humains. Dans la version cinématographique, il ajoute une touche d’humour et d’imprévisibilité, qui est bienvenue.

Artemis Fowl est maintenant offert sur Disney +.

★★½

Aventure fantastique. Artemis Fowl (V. F. Artemis Fowl), de Kenneth Branagh. Avec Ferdia Shaw, Josh Gad, Judi Dench. 1 h 55.