Le travail est dur, dangereux et éreintant dans une manufacture de Dhaka où est employée Shimu, une jeune femme de 23 ans déterminée à changer ses conditions de vie. À la suite d’une rencontre avec Nasima Apa, leader en défense des droits des travailleurs, elle tente de convaincre ses collègues de se syndiquer. Une démarche semée d’obstacles.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Jeune cinéaste bangladaise, Rubaiyat Hossain n’en est pas à son premier film où elle défend les droits des femmes, mais aussi le droit à la différence, de s’émanciper et de sortir des vieux stéréotypes dictés par des sociétés conservatrices.

Sans casser la baraque, son plus récent film s’inscrit de nouveau dans cette dynamique en s’attaquant aux conditions de travail très précaires des femmes dans l’industrie textile où les heures sont longues, les conditions de santé et de sécurité souvent ignorées et la paie, pas toujours au rendez-vous.

Dans cette usine où elle travaille pour une entreprise occidentale appelée Modern Apparels (!), Shimu (Rikita Nandini Shimu), qui confectionne autour de 1650 t-shirts par jour, apprend qu’il faut en vendre deux ou trois pour payer son salaire… mensuel !

L’énergie que déploie alors Shimu pour convaincre ses camarades de se syndiquer est belle à voir.

Mais les embûches qui se dressent sur sa route sont nombreuses. Ici, la cinéaste relève les travers de la société où elle vit : un mari paresseux et parfois violent, un patron sans âme, une bureaucratie kafkaïenne, quand elle n’est pas corrompue.

Tout cela tient dans un scénario très simple, pour ne pas dire simpliste, et un jeu d’acteurs parfois poussif. Quand même. L’histoire résonne jusqu’au cœur et fait réfléchir. Surtout dans sa dernière demi-heure, où se déploient de belles idées, dont une scène époustouflante de beauté surannée dans le bureau d’un ministère où la vie se passe au ralenti.

De plus, la cinéaste a une approche très près du documentaire, filmant souvent au niveau de la rue et sans lumière, la nuit. Avec elle, on découvre les rues de la capitale bangladaise.

Depuis le début de sa carrière, Rubaiyat Hossain propose des œuvres fortes qui connaissent beaucoup de succès à l’international. Made in Bangladesh assure cette continuité.

IMAGE FOURNIE PAR PYRAMIDE DISTRIBUTIONS

Made in Bangladesh

Made in Bangladesh est offert sur la plateforme du Cinéma du Parc.

★★★

Drame. Made in Bangladesh. Rubaiyat Hossain. Avec Rikita Nandini Shimu, Novera Rahman et Shahana Goswami. 1 h 35.