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Le poirier sauvage: une fresque profonde, d'un esthétisme somptueux ****

Ahmet Rifat Sungar dans Le poirier sauvage de... (Photo fournie par MK2 | Mile End)

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Ahmet Rifat Sungar dans Le poirier sauvage de Nuri Bilge Ceylan

Photo fournie par MK2 | Mile End

Au Festival de Cannes, Le poirier sauvage a été le dernier film présenté parmi les 21 longs métrages sélectionnés en compétition officielle. Cette position, peu enviable, lui aurait-elle nui? À la lumière de la qualité exceptionnelle de ce film, on se demande franchement comment le jury, présidé par Cate Blanchett, a pu l'écarter du palmarès.

Habitué de la Croisette, Nuri Bilge Ceylan a reçu la Palme d'or grâce à Winter Sleep il y a quatre ans. Auparavant, il avait déjà obtenu le Grand Prix deux fois (Uzak en 2003 et Il était une fois en Anatolie en 2011), de même qu'un Prix de la mise en scène en 2008 (Les trois singes).

Spécialiste des fresques intimistes aux beautés plastiques fulgurantes, le chef de file du cinéma turc propose une fois de plus un film somptueux, qui se déploie comme un roman grâce à la richesse de son propos et de ses dialogues, auxquels s'ajoute ici une approche cinématographique remarquable.

Fidèle à sa manière, Nuri Bilge Ceylan raconte son pays à sa façon. Cette fois, il a choisi de le faire à travers les ambitions d'un plus jeune personnage, écrivain en devenir. Après avoir terminé ses études, Sinan (Dogu Dermikol) revient chez lui, dans une bourgade d'Anatolie, pour y retrouver les siens, ainsi que pour tenter d'amasser des sous pour réaliser son rêve: devenir écrivain et publier un premier roman. Son père, un être charmeur, mais irresponsable, ne pourra lui être d'un grand secours, étant lui-même déjà criblé de dettes et ne cessant en plus de les accumuler.

«On dit que chaque chose que cache un père réapparaît un jour chez son fils», indique le cinéaste dans les notes de production. La quête de connaissances du jeune homme donne en tout cas lieu à de (longues) discussions franches et fascinantes, non seulement avec les membres de sa famille, dont le père en question, mais aussi des gens avec qui il parle de littérature (une scène avec un écrivain à succès est formidablement bien écrite et bien jouée), de religion, de l'état de la société turque, sans que jamais ne pèse la moindre trace de morale ou de didactisme.

Au Festival de Cannes, Le poirier... (Image fournie par MK2 | Mile End) - image 2.0

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Image fournie par MK2 | Mile End

De grandes questions existentielles

Oui, c'est bavard, oui, le rythme est lent, oui, ça dure un peu plus de trois heures (188 minutes pour être très précis), et puis oui, certaines discussions auraient sans doute pu être resserrées un peu. Mais l'ensemble reste brillant. 

En se plaçant du côté d'un homme qui entame sa vie d'adulte, Nuri Bilge Ceylan aborde ainsi les grandes questions existentielles en empruntant le regard d'un individu pour qui l'horizon s'étend encore très loin devant lui. Et dont l'arrogance, la naïveté et les certitudes sont magnifiquement confrontées aux expériences de personnes qui ont déjà ajouté quelques années de plus au compteur. 

En bon plasticien, le cinéaste compose de surcroît des images d'une beauté à couper le souffle. Les cinéphiles seront ravis de voir cette oeuvre sur grand écran.

* * * *

Le poirier sauvage. Drame de Nuri Bilge Ceylan. Avec Dogu Demirkol, Murat Cemcir, Bennu Yildirimlar. 3 h 08.

Consultez l'horaire du film




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