L'histoire: À Marseille, un Allemand ayant pris l'identité d'un écrivain qui s'est donné la mort compte gagner le Mexique, comme plusieurs réfugiés tentant de fuir les forces d'occupation fascistes. La rencontre avec une jeune femme risque toutefois de modifier la donne.

Marc-André Lussier LA PRESSE

Le nouveau film du réalisateur de Barbara et Phoenix, lancé plus tôt cette année au festival de Berlin, fascine et déstabilise à la fois.

Christian Petzold a en effet choisi de transposer un roman d'Anna Seghers, publié en 1944, à notre époque, quoique dépouillée des outils technologiques aujourd'hui largement répandus.

En fait, Transit emprunte plutôt les allures d'une fantasmagorie qui, s'inspirant clairement d'une autre époque (l'occupation allemande en France), évoque les nouveaux déplacements des populations et la situation des réfugiés.

Ainsi, Petzold plonge dès le départ le spectateur dans une ambiance troublante, alors que Paris semble être occupé par des forces fascistes, desquelles plusieurs individus sont victimes.

Georg (excellent Franz Gorowski, vu notamment dans Victoria et Happy End), un réfugié allemand, gagne même Marseille, ville portuaire où les rêves d'un ailleurs meilleur sont encore permis, à la condition de réussir à obtenir les papiers nécessaires pour s'embarquer sur un bateau, le Montréal notamment.

À cela s'ajoute une histoire sentimentale un peu compliquée avec la muse d'un écrivain dont Georg a emprunté l'identité. 

Paula Beer, révélée grâce à Frantz, de François Ozon, propose de nouveau une composition magnifique en campant un personnage mystérieux à souhait, dans un récit parfois opaque.

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Transit. Drame de Christian Petzold. Avec Frank Rogowski, Paula Beer, Godehard Giese. 1 h 41.

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Image fournie par EyeSteelFilms

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