Sous l'angle qu'emprunte Jacques Doillon (Le petit criminelPonette), Auguste Rodin était beaucoup plus doué pour la matière que pour les rapports humains. La relation entre le sculpteur et sa matière est d'ailleurs au coeur du film que le cinéaste chevronné lui consacre, et c'est là l'aspect le plus intéressant.

Publié le 22 juin 2018
Marc-André Lussier LA PRESSE

Doillon, dont les films ne sont plus distribués chez nous depuis plus de 15 ans, met admirablement en scène ces moments où l'artiste se retrouve seul face à sa création, avec ses doutes et tout ce qu'ils peuvent charrier de labeur, d'essais, d'échecs et de nouvelles tentatives. De douleur parfois aussi.

Son film s'alourdit toutefois quand vient le moment d'aborder la vie intime. Bien entendu, le parcours de Rodin est pratiquement indissociable de celui de Camille Claudel, d'autant que le film commence à l'époque où son élève fait son entrée dans son univers.

Vincent Lindon, qui grommelle ses répliques plus qu'il ne les articule, habite néanmoins le personnage de tout son corps. Face à lui, Izïa Higelin donne à Camille Claudel un tempérament impétueux.

L'approche est plutôt austère. On peut ainsi attribuer l'accueil très tiède qu'a reçu ce film au Festival de Cannes l'an dernier à cette volonté de ne rien céder au romanesque. C'est à prendre ou à laisser.

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Rodin. Drame biographique de Jacques Doillon. Avec Vincent Lindon, Izïa Higelin, Séverine Caneele. 2 h 01.

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Image fournie par MK2 | Mile End

Rodin