Grâce à des films comme Les femmes du 6e étage, Molière à bicyclette et Floride, Philippe Le Guay s'est imposé comme un spécialiste de la comédie intelligente à vocation populaire. Si l'intention derrière Normandie nue est fort louable - attirer l'attention sur les difficultés de la population rurale -, force est de constater que le cinéaste a eu cette fois la patte un peu trop lourde.

Publié le 8 juin 2018
Marc-André Lussier LA PRESSE

Manier l'humour dans une comédie sociale qui aborde des thèmes graves - façon The Full Monty - est un art parfois difficile à maîtriser. Le regard que porte Philippe Le Guay sur la vie rurale relève trop souvent du cliché, et génère des gags qui, la plupart du temps, n'atteignent pas leur cible.

Du coup, les comédiens se sentent forcés de jouer de façon plus grossière dans l'ensemble, y compris François Cluzet. Même s'il charrie toujours avec lui un grand capital de sympathie, ce dernier n'offre pas ici une performance à marquer d'une pierre blanche. Le dénouement de l'intrigue, et la façon dont il est illustré, n'est guère cohérent non plus avec tout le discours entendu jusque-là.

Le Guay propose un film au rythme déficient qui, à l'arrivée, n'atteint pas du tout l'objectif qu'il s'était fixé. Un rare faux pas dans une filmographie généralement de belle tenue.

Normandie nue. Comédie de Philippe Le Guay. Avec François Cluzet, Toby Jones, François-Xavier Demaison. 1h45.

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image fournie par EyeSteelFilm

Normandie nue