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Marvin ou la belle éducation: le gay savoir **1/2

Pas facile de se découvrir gay à 10 ans. Encore moins si on grandit dans la France profonde, terreau fertile pour les oppresseurs en crise de croissance qui glandent au lycée, et au sein d'une famille digne des Misérables, avec un père alcoolique qui associe homosexualité et maladie mentale...

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Marvin ou la belle éducation

Photo fournie par Métropole Films

Basé librement sur le roman d'Édouard Louis En finir avec Eddy Bellegueule, Marvin, le nouveau film d'Anne Fontaine, est à la fin plein de bonnes intentions et terriblement maladroit. La prolifique cinéaste a voulu élargir le récit autobiographique de l'auteur pour en faire une oeuvre plus personnelle, dont le thème serait la honte, un sentiment si fort qu'il détruit tout sur son passage. 

Dans le livre de Louis, on suivait l'enfant, puis l'ado, rejeté par sa famille et son milieu, jusqu'avant son départ pour la Ville Lumière pour vivre de sa plume. Ici, on raconte le destin de Marvin en deux temps, passant de l'enfance à l'âge adulte, de la famille ouvrière au milieu intello et branché. En suivant des cours de théâtre, le jeune homme, très timide, sera présenté à la crème du Paris cultivé et argenté. Il nouera même une amitié avec Isabelle Huppert, qui joue son propre rôle et lui donne des leçons de jeu ! 

Le chemin de Marvin vers l'affranchissement et le gain d'estime de soi est peu subtil et bourré de clichés. Sa première rencontre avec un homme plus vieux (Charles Berling) se fait avec un air d'opéra dans une Jaguar décapotable qui file sur les berges de la Seine au crépuscule... juste avant la scène de sodomie dans la douche de l'appart de luxe avec vue sur la tour Eiffel. Plus cliché que ça, tu deviens Richard Gere dans Pretty Woman.

La construction morcelée a aussi ses limites. Ici, le film ne cesse d'aller et de venir entre l'enfance et l'apprentissage parisien. Le processus est si répétitif qu'il finit par déranger. Si l'enfance colle au livre d'Édouard Louis, l'âge adulte semble inspiré du milieu de la cinéaste, qui a coscénarisé Marvin avec Pierre Trividic.

Dans le rôle des parents, Grégory Gadebois et Catherine Mouchet beurrent assez épais. Dans celui du mentor/professeur de théâtre, Vincent Macaigne cherche encore son personnage. Jules Porier fait ses débuts au cinéma dans le rôle de Marvin enfant et Finnegan Oldfield incarne Marvin jeune adulte. Hélas, le jeu du premier est supérieur à celui du second, qui reste toujours sur le même registre. Celui du poisson hors de son bocal. Ce qui est problématique côté courbe dramatique, puisque l'enfant est plus allumé que l'adulte qui va s'affranchir. Dommage.

**1/2

Marvin (ou la belle éducation). Drame d'Anne Fontaine. Avec Finnegan Oldfield, Isabelle Huppert, Charles Berling et Grégory Gadebois. 1 h 53.

> Consultez l'horaire du film




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