Le distributeur américain IFC Films a acquis les droits de distribution de My Salinger Year, le plus récent film de Philippe Falardeau.

Marc-André Lussier Marc-André Lussier
La Presse

Présentée lors de la soirée d’ouverture du festival de Berlin le 20 février dernier, cette adaptation cinématographique du roman de Joanna Smith Rakoff met en vedette Margaret Qualley et Sigourney Weaver. Chuck, le film précédent du cinéaste québécois, avait aussi été distribué par IFC Films sur le territoire américain.

« IFC Films avait déjà manifesté de l’intérêt une semaine après la présentation du film à Berlin, a commenté Philippe Falardeau, joint par La Presse. Évidemment, les négociations ont été ralenties à cause de la pandémie, et l’on ne sait pas pour le moment quelle sera la stratégie de lancement ni quand on pourra le sortir. Je crois que les gens de IFC souhaitent une sortie en salle, même s’il faudra peut-être pour ça s’armer de patience. Personnellement, je leur ai dit que si la période de confinement devait s’éterniser, je ne m’opposais pas à l’idée d’une sortie sur les plateformes. »

PHOTO MICHELE TANTUSSI, ARCHIVES REUTERS

Le réalisateur Philippe Falardeau et l’acteur Douglas Booth sur le tapis rouge du film My Salinger Year à la Berlinale le 20 février dernier.

Le cinéaste est ainsi ouvert à l’idée d’une sortie en vidéo sur demande, pourvu que la stratégie de lancement soit bien orchestrée. Il se réjouit par ailleurs du succès de Jusqu’au déclin sur Netflix, surtout pour l’équipe, pilotée par le réalisateur Patrice Laliberté.

« C’est bon pour le cinéma québécois et c’est bon pour tout le monde, dit-il. Devant les chiffres annoncés [21 millions de visionnements], ma langue est tombée à terre. Mon premier réflexe a été de me demander combien de spectateurs ont aussi été attirés par le film de Robin Aubert [Les affamés] et par Monsieur Lazhar, qui a aussi été montré sur Netflix, et pour lequel on ne m’a jamais donné de chiffres. Il est évident que je serais aux anges si on m’annonçait des chiffres comme ceux-là — je fais partie des envieux —, mais à long terme, il faudra quand même un jour réfléchir à ce que tout ça veut dire en termes de partage de revenus et de ressources. »

Cette entente avec IFC Films indique aussi que la stratégie de diffusion devra vraisemblablement s’harmoniser avec celle déjà prévue à l’intérieur de nos frontières. My Salinger Year sera distribué par Métropole Films au Québec et par Mongrel Media dans le reste du Canada.

Trois mois après le lancement du film à la Berlinale, où la réaction des journaux spécialisés fut pour le moins mitigée, Philippe Falardeau apprécie l’honneur qu’on lui a fait en choisissant son film pour ouvrir un si grand festival, même s’il reconnaît que ce créneau n’était peut-être pas le plus indiqué.

« Avec tout le respect que je dois à Carlo [Chatrian, directeur artistique de la Berlinale] et aux programmateurs, je crois que le film n’avait pas vraiment ce qu’il fallait pour répondre aux attentes qui viennent avec une sélection comme celle-là, souligne le cinéaste. Mais je suis certain qu’il parviendra à trouver son public. Je mesure bien ma chance d’avoir pu présenter My Salinger Year à des milliers de cinéphiles dans des salles à Berlin. Dans le contexte actuel, c’est presque surréaliste. Cette expérience flotte encore dans ma tête comme un rêve lointain. »