(Berlin) Les cinéastes Gustave Kerven et Benoît Delépine dénoncent à leur façon les GAFA. Et leur emprise sur nos vies…

Marc-André Lussier Marc-André Lussier
La Presse

Le tandem que forment Gustave Kerven et Benoît Delépine nous a déjà offert quelques films réjouissants, Mammuth et Saint Amour notamment. Cette fois, les cinéastes français abordent, avec, toujours, leur humour décalé, des traits de société bien actuels.

Mettant en vedette Blanche Gardin, Denys Podalydès et Corinne Masiero, sans oublier quelques participations (dont l’une, mémorable, de Benoît Poelvoorde), Effacer l’historique, en lice pour l’Ours d’or, relate le désarroi de trois individus face aux réseaux sociaux. Marie est victime de chantage quand un amant d’un soir (Vincent Lacoste) menace de mettre en ligne une vidéo sexuelle enregistrée à son insu ; Bertrand ne peut résister à la surconsommation en s’endettant et tombe fou amoureux d’une femme « aux accents des îles » qui l’appelle pour lui vendre des trucs ; et Christine ne peut décrocher des séries télé qu’elle regarde sur les plateformes et souffre du peu d’étoiles que la clientèle de son service de voiturage lui donne sur Facebook.

L’histoire, bien sûr, les mènera loin, parfois même jusqu’au siège social de l’une des GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) à San Francisco. 

L’idée de ce film est venue de nos problèmes personnels. On se parlait de nos galères virtuelles en pensant que nous étions tout seuls à vivre ça, et on s’est rendu compte qu’en fait, non.

Benoît Delépine lors d’une conférence de presse

Quand le tandem est appelé à définir la nature de son cinéma, la réponse ne se fait pas attendre. « En comptant notre court métrage, nous en sommes maintenant à notre dixième film. Je crois qu’on pourrait résumer notre cinéma en disant : pauvres de nous ! »

Effacer l’historique n’apparaît pas encore sur l’écran radar en vue d’une sortie au Québec. Souhaitons qu’il en soit vite autrement.