S’appuyant sur une étude indépendante, le Festival du film de Berlin (Berlinale) a reconnu ce matin le passé nazi de son fondateur, Alfred Bauer.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Ce dernier aurait été un acteur important dans la diffusion de la propagande nazie au cinéma en plus d’avoir, au terme de la Seconde Guerre mondiale, menti sur son passé.

Selon le site spécialisé The Hollywood Reporter, la direction de la Berlinale a reconnu le passé trouble de son fondateur qui avait des liens étroits avec Joseph Goebbels, grand responsable de la propagande nazie sous le régime d’Adolf Hitler.

Déjà, le 30 janvier dernier, la Berlinale avait retiré le prix portant le nom d’Alfred Bauer en raison de révélations fracassantes faites par l’hebdomadaire Die Zeit. Les journalistes de l’hebdomadaire basaient leurs révélations sur des documents d’archives. On révélait aussi que Bauer, décédé en 1986, était un fervent SA, instance paramilitaire.

L’étude indépendante commandée par le festival a été réalisée en collaboration avec le Leibniz Institute for Contemporary History. Au terme de celle-ci on reconnaît que le rôle de Bauer dans les efforts de propagande « était beaucoup plus significatif qu’on le croyait jusqu’à maintenant. »

Alfred Bauer a été directeur de la Berlinale de 1951 à 1976. Le prix remis depuis 1987 en son nom avait pour but de récompenser un film ouvrant de nouvelles perspectives dans l’art cinématographique. Le premier récipiendaire fut Léos Carax en 1987 pour Mauvais Sang. Plusieurs autres réalisateurs de renom, dont Baz Luhrmann, Park Chan-wook, Andrzej Wajda, Alain Resnais et le Québécois Denis Côté pour Vic + Flo ont vu un ours l’ont obtenu.

Relisez notre article paru le 30 janvier dernier sur le retrait du prix Alfred-Bauer