(Paris) Woody Allen, boycotté par les distributeurs aux États-Unis en raison d’accusations d’abus sexuels datant des années 90, a estimé que ceux qui l’attaquent font « une erreur », dans un entretien mis en ligne vendredi sur le site de France Inter.

Agence France-Presse

« Je pense que les gens qui m’attaquent font une erreur. Mais les gens font des erreurs tout le temps, ça n’est pas tragique. Évidemment, ils devraient sortir mon film aux États-Unis, arrêter de m’attaquer, prendre conscience de la vérité… », a affirmé le réalisateur de 83 ans, affichant un certain détachement.

> Lisez l’entrevue de France Inter : https://www.franceinter.fr/culture/woody-allen-je-pense-que-les-gens-qui-m-attaquent-font-une-erreur

Son dernier film, A Rainy Day in New York (Un jour de pluie à New York), tourné en 2017 avec Timothée Chalamet, Elle Fanning et Selena Gomez, était présenté vendredi soir en ouverture du festival de Deauville. Il sortira dans les salles en France le 18 septembre.

Sa sortie en salle avait été annulée par Amazon lorsque la fille adoptive de Woody Allen a renouvelé en 2018, en pleine vague #metoo, des accusations d’agressions sexuelles à l’encontre du cinéaste.

Woody Allen a toujours catégoriquement nié les accusations de Dylan Farrow, qui affirme qu’il a abusé d’elle en 1992 quand elle avait sept ans. La jeune femme est soutenue par sa mère adoptive l’actrice Mia Farrow et son frère Ronan, journaliste lauréat du Pulitzer pour son enquête sur le producteur Harvey Weinstein.

Des poursuites à l’encontre du cinéaste avaient été abandonnées après deux enquêtes distinctes de plusieurs mois.

« J’ai beaucoup aimé travailler avec l’équipe du film. On s’est bien amusés. Ils avaient vraiment envie de tourner dans ce film, ils ont très bien bossé. […] Chacun est libre de ses opinions, de ses pensées », a estimé Woody Allen, Oscar du meilleur réalisateur pour Annie Hall (1978).

« J’ai 83 ans, je ne vais pas être là encore très longtemps, alors ça n’est pas si grave », dit le cinéaste.

« Avec toutes les preuves à l’appui, avec toutes les enquêtes qui ont été menées, tout m’a disculpé, j’ai été acquitté », a déclaré M. Allen dans une autre entrevue à France 5. « J’espère qu’un jour ils se rendront compte qu’ils ont commis une triste erreur […] L’erreur est humaine, ce n’est pas tragique. Mais énervant et triste ».

Interrogé sur le mouvement #metoo, le cinéaste a assuré qu’il avait un « parcours irréprochable ». « Ça fait 50 ans que je fais du cinéma, j’ai travaillé avec des centaines d’actrices. Pas une n’a émis le début d’un soupçon sur un comportement contestable », a-t-il poursuivi. « J’ai donné du travail à des dizaines de femmes dans mon organisation, devant et derrière la caméra : on leur a toujours payé exactement la même chose qu’à leurs homologues masculins ».

Alors que de nombreuses célébrités se sont détournées de lui, Woody Allen a reçu récemment deux soutiens de poids, en la personne de Catherine Deneuve et de Scarlett Johansson, toutes deux prêtes à (re) tourner sous sa direction.

« Il maintient qu’il est innocent et je le crois », a déclaré l’actrice américaine (la Black Widow dans la série des Avengers), devenue la mieux payée au monde selon le dernier classement Forbes, s’attirant les foudres de nombreux internautes.

Woody Allen vient de finir le tournage d’un nouveau film en Espagne. « Tant qu’on continuera à me financer, je continuerai à faire des films ! », a-t-il conclu sur France Inter.