Ils ont déjà abordé dans des spectacles précédents la présence sur scène des animaux, puis des bébés. Cette fois, Daniel Brière et Alexis Martin ont choisi d’explorer la représentation théâtrale de ceux qui nous ont quittés avec leur nouvelle création, intitulée Les morts.

Stéphanie Morin
Stéphanie Morin La Presse

Pour clore leur triptyque sur la présence scénique, ces deux collaborateurs de longue date, qui codirigent le Nouveau Théâtre expérimental, ont eu envie de se pencher sur la façon d’évoquer les disparus sur les planches. « Au théâtre, on convoque souvent les esprits, dit le metteur en scène Daniel Brière. On fait renaître les souvenirs de personnes disparues ou on fait revivre des personnages importants de l’histoire. On a donc eu envie d’explorer la forte présence scénique des défunts, mais aussi les divers moyens théâtraux dont on dispose pour les faire apparaître. Et ça, ce n’est pas si évident… »

Un simple objet qui s’anime, un faisceau de lumière, un son, une projection : le duo a puisé dans toutes les conventions théâtrales — et au-delà – pour trouver les façons les plus porteuses, les plus émouvantes d’évoquer ces morts.

Pour la trame narrative, Alexis Martin a imaginé un récit sous la forme d’un monologue. Un homme retourne dans la chambre de son enfance, où l’attend le cortège des défunts qui ont peuplé son existence : la mère, le père, le frère, la grand-mère… Dans un état de demi-sommeil, l’homme entre en contact avec ces disparus. Un dialogue s’installe alors dans un espace hors du temps… « C’est une étude sur la massivité de la présence, dit le dramaturge. Le paradoxe de l’être humain est d’être toujours dans l’avenir, sans arriver à être vraiment présent au monde. Le mort, lui, est éternellement présent. C’est pourquoi il fascine, il dérange. »

Nous sommes toujours un peu obsédés par la présence des morts. D’ailleurs, lorsque l’âme disparaît d’un cadavre, le corps devient curieusement magnétique.

Alexis Martin

Seul sur la scène d’Espace libre, Alexis Martin va incarner cet homme qui retrouve la maison de sa jeunesse et la pièce où il a grandi. « Lorsqu’on est enfant, c’est par la porte de la chambre que le monde vient à nous. Dans cette pièce, les objets, les livres, sont investis de souvenirs. Toute la vie de cet homme est résumée dans cette seule chambre. » Faut-il y voir un résumé de la propre vie de l’auteur et comédien ? « Ce texte comporte évidemment une part d’impudeur ; je suis allé puiser chez des fantômes qui m’habitent vraiment. »

Alexis Martin ajoute : « Chaque pièce me permet de découvrir un peu plus le public, qui reste le grand mystère pour moi. Encore une fois, c’est une aventure vers une destination inconnue. Je ne sais pas comment va réagir le public à ce spectacle assez exigeant. C’est cette exploration qui me fascine… »

Pour Les morts, les deux créateurs ont pu profiter de deux laboratoires de création supplémentaires, gracieuseté de la pandémie, qui a bouleversé leurs plans et retardé l’arrivée en salle du spectacle. Un cadeau précieux, dit Daniel Brière.

« Nous avons vraiment eu le temps et la liberté d’explorer des choses avec toute l’équipe, ce qui n’aurait pas forcément été possible autrement. »

L’ensemble du processus créatif s’est d’ailleurs fait en collégialité avec les créateurs, disent les deux hommes. Parmi ces derniers : Alexander MacSween (musique), Renaud Pettigrew (éclairages), Karine Galarneau (scénographie) et Claire Geoffrion (costumes). « Notre approche est assez collégiale, lance Alexis Martin. Il est important pour nous que la costumière puisse donner son avis sur le texte ou sur la mise en scène. C’est un esprit qui nous vient de Jean-Pierre Ronfard et qu’on essaie de maintenir. »

Les morts, à Espace libre, du 12 octobre au 6 novembre.

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Actoral

PHOTO FOURNIE PAR ACTORAL

Le Québécois Martin Messier présente en première mondiale son spectacle Con Sordina.

L’Usine C présente la 4édition d’Actoral, la Biennale des arts et des écritures contemporaines. Plusieurs performances et projections sont prévues, dont la première mondiale du spectacle Con Sordina du Québécois Martin Messier, qui allie arts numériques et arts de la scène. Daina Ashbee présentera aussi en première nord-américaine Laborious Song, une chorégraphie portée sur scène par le danseur Benjamin Kamino. Le café de l’Usine C sera également transformé en salle de cinéma pour l’occasion.

Du 5 au 9 octobre.

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Vers solitaire

PHOTO CHARLES LAFRANCE, FOURNIE PAR L’ACTIVITÉ

Angie Cheng fait partie des quatre interprètes du déambulatoire sonore Vers solitaire.

Un interprète. Un spectateur. Et le centre-ville de Montréal pour servir de scène. Voilà ce que propose Olivier Choinière avec le déambulatoire sonore Vers solitaire, qui revient à l’affiche après un passage remarqué il y a un an. Muni d’un casque d’écoute qui distille musique et texte, le public est convié à suivre un des quatre interprètes au hasard des rues. Quatre représentations d’une heure sont proposées, chacune mise en scène par un créateur différent, soit Mélanie Demers, Alix Dufresne, Justin Laramée et Marie-Ève Milot. Une charge poétique contre le consumérisme ambiant qui bouscule les codes du théâtre.

Du 5 au 30 octobre.

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Festival Phénomena

PHOTO CAROLINE HAYEUR, FOURNIE PAR LE FESTIVAL PHÉNOMENA

Stéphane Crête animera — deux soirs plutôt qu’un — le très couru Cabaret DADA dans le cadre du festival Phénomena.

Le festival Phénomena célèbre son 10e anniversaire avec une programmation éclectique de spectacles en salle, de performances extérieures et d’expositions. Quelques choix, en vrac : Cabaret DADA animé par Stéphane Crête, spectacle du collectif L’œil éveillé qui réunit six artistes professionnels sourds, concert Renegate Breakdown du groupe L’œil nu, performance intitulée M. Gros du collectif Geneviève et Matthieu, danse collective au parc Laurier, spectacle de magie. Bref, un évènement toujours aussi inclassable.

Du 7 au 22 octobre.

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Marie Stuart

PHOTO ÉVA-MAUVE TC, FOURNIE PAR LE PÉRISCOPE

Joanie Lehoux se glissera dans la peau de Marie Stuart.

Le théâtre Périscope à Québec présente à compter du 14 octobre la pièce Marie Stuart, mise en scène par Frédéric Dubois, d’après un texte de l’Italienne Dacia Maraini. Cette œuvre sur la rivalité entre la reine d’Écosse et Élisabeth 1re apporte une vision féministe à un récit historique souvent analysé sous la loupe masculine. À travers une série de tableaux, on découvre les deux personnalités opposées de la reine d’Angleterre (interprétée par Marie-Hélène Lalande) et de sa cousine Marie Stuart (Joanie Lehoux).

Jusqu’au 30 octobre.

Consultez le site du Périscope