D’importants travaux ont été entrepris pour transformer la désuète deuxième salle du Théâtre St-Denis, dans le Quartier latin, en salle multifonctionnelle hyper moderne avec service de restauration.

Josée Lapointe Josée Lapointe
La Presse

« Je pense que sera une des salles les plus multifonctionnelles au Canada », dit Jean-Claude Chabot, vice-président, relations publiques et développement des affaires chez France Film, qui est propriétaire et exploitant du Saint-Denis.

Studio de son et d’image incorporé, murs interactifs en DEL, fibre optique, équipement de projection 4K, scène avec loges : il sera possible dans cette nouvelle salle de présenter autant une première de film que de tenir un évènement webdiffusé, d’enregistrer une émission de télé que de présenter un spectacle traditionnel.

« Quant à l’aménagement, plutôt que d’être à l’italienne, ce sera des sièges avec des tables, comme au Théâtre Capitole à Québec, explique M. Chabot. La salle pourra accueillir de 250 à 700 personnes, ce sera malléable selon les besoins. »

Comme le restaurant Il Teatro qui dessert le Capitole, le service de restauration du St-Denis 2 sera assuré par un établissement qui s’installera au rez-de-chaussée de l’ancien édifice qui abritait la cinérobothèque de l’ONF, attenant au St-Denis. « Il y aura un couloir d’accès entre les deux. »

Phase 1 de ce projet de réfection de ce coin du Quartier latin élaboré il y a neuf ans – la phase 2 étant la transformation St-Denis 2 –, l’érection de ce nouvel édifice de six étages a pris fin en septembre 2020. Il abrite maintenant entre autres les bureaux de France Film et des services administratifs de l’UQAM.

« L’infrastructure du restaurant est prête, reste l’aménagement intérieur. Mais on n’ouvre pas un restaurant en ce moment ! Alors il verra le jour quand la COVID sera terminée », dit Jean-Claude Chabot, qui sans vouloir le nommer parle d’un restaurant « moyen-haut de gamme ». « On ne trouve plus ça sur la rue Saint-Denis et on en ramène un. C’est le genre de clientèle qu’on vise. »

Le coût des deux premières phases du projet est de 12 millions chacune, entièrement financé au privé par la Compagnie France Film. La troisième phase qui est envisagée serait la restauration et la rénovation de la grande salle du théâtre Saint-Denis, un projet de plus grande envergure qui nécessitera cette fois des fonds publics.

« On parle ici d’une salle née en 1916, qui a subi des rénovations importantes, mais jamais dans sa structure, explique M. Chabot. Alors ce serait l’fun d’en faire une salle magnifique et c’est pour ça qu’il faut des pourparlers avec le gouvernement. »

La valeur patrimoniale du St-Denis 2, ancien cinéma – le cinéma Chevalier – transformé en salle de spectacle pendant les années 70, est beaucoup moindre que celle du St-Denis 1, estime-t-il. « Elle avait été refaite pendant les années 85-90, et mal faite. Le plus beau cadeau qu’on pouvait lui faire, c’est le pic des démolisseurs. »

Salle à la piètre acoustique, le St-Denis 2 était par ailleurs de moins en moins souvent utilisé. « Elle servait plus quand il manquait de salles à Montréal, mais ces dernières années c’était plutôt tranquille. »

L’échéancier prévu pour la fin des travaux est novembre 2021.