Ils voient des spectacles depuis des années. Ils sont fidèles, de véritables passionnés. À l’occasion de la rentrée culturelle, La Presse vous présente des portraits d’abonnés qui vivent une véritable histoire d’amour avec l’institution qu’ils côtoient.

Luc Boulanger Luc Boulanger
La Presse

Carrie Mazoff est tombée dans la marmite de la magie des arts de la scène lorsqu’elle était petite. Enfant, elle allait avec sa classe voir des spectacles du Théâtre Yiddish Dora Wasserman. Elle accompagnait aussi ses parents au Centaur, dans le Vieux-Montréal, et allait voir des comédies musicales à Toronto en famille.

Une fois mariée, la résidante de Westmount a tout naturellement voulu transmettre sa passion à son mari, puis à sa fille, qui a 13 ans. « Je l’ai élevée pour qu’elle aime le théâtre, confie Mme Mazoff. Toutefois, je crois que je l’ai un peu trop poussée [rires]. Depuis quelques mois, en bonne adolescente, ma fille est en réaction avec tout ce que j’aime. Si je lui demande de venir au théâtre avec moi, c’est tout de suite non ! Elle préfère rester à la maison et regarder Netflix [soupir]. »

Carrie Mazoff se fait un devoir d’encourager les compagnies de théâtre anglophone montréalaises. Elle a d’abord été abonnée au Centaur une dizaine d’années. Il y a cinq ans, elle a changé son abonnement pour celui du Centre Segal, situé dans l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, pour des raisons pratiques et aussi parce qu’elle s’implique dans la compagnie comme bénévole. « Je suis coprésidente de l’évènement de collecte de fonds, explique la gestionnaire de projet en santé. J’organise et je joue chaque année dans le spectacle musical bénéfice. Avec le temps, avec tous les gens impliqués dans l’organisation, on est devenu comme une grosse famille. »

Génération théâtre

De son propre aveu, à 43 ans, Carrie Mazoff demeure une jeune abonnée. Au Segal comme ailleurs dans les théâtres au Québec, le public est vieillissant. « Les abonnés sont en majorité de la génération de mes parents. Plusieurs font partie de la communauté juive. Ils sont fidèles au Segal — autrefois appelé le Centre Saidye-Bronfman — depuis longtemps. Pour moi, c’est important d’encourager notre héritage culturel. C’est ce que je dis à mes jeunes amis qui hésitent à s’abonner. Or, c’est difficile de nos jours de convaincre les Y. Ils préfèrent avoir la liberté de choisir sans contraintes d’horaire. »

Pour la saison 2019-2020, Carrie Mazoff a opté pour quatre pièces parmi les six productions qui seront à l’affiche. « Je choisis les pièces selon le thème et le genre et mes goûts personnels. Si je sais que mon mari n’aimera pas une production, j’invite une amie à venir avec moi. Comme bien des femmes, je dois un peu traîner mon conjoint parfois. Mais une fois qu’il est assis au théâtre, il adore ça ! »

Une pièce qui l’a marquée au Segal

« Children of God, de Corey Payette. Je l’ai vue en mars dernier. C’est une histoire bouleversante au sujet des enfants oji-cris dans les pensionnats autochtones en Ontario. »

Un coup de cœur en dehors du Segal

Deux comédies musicales de Broadway : Hamilton et Come From Away

Des acteurs fétiches

« Je ne connais pas les noms des interprètes de théâtre. J’évite les pièces avec un ou deux acteurs, en général. Je préfère les grosses distributions. »

Son premier spectacle

Cats, dans une production des Mirvish, à Toronto

Une pièce attendue en 2019-2020

Mythic. Une comédie musicale de Marcus Stevens et Oran Eldor, sous la direction musicale de Nick Burgess. Elle sera à l’affiche du 27 octobre au 17 novembre.

Le Centre Segal des arts de la scène est situé dans l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal.

Consultez le site du Théâtre Segal : https://www.segalcentre.org/fr/shows/2019-2020/theatre-segal