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Des manifestants accusent le spectacle SLĀV de racisme

SLĀV est l'un des événements les plus populaires du... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)

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SLĀV est l'un des événements les plus populaires du Festival de Jazz.

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Pour la première représentation du spectacle SLĀV, près d'une centaine de personnes huaient les spectateurs qui entraient au Théâtre du Nouveau Monde. On pouvait entendre, parmi les slogans répétés par les manifestants, «Shame on you», «Cancel the show» et «Bye bye Betty».

Pendant deux heures, avant le début de la représentation de mardi soir, près d'une centaine de manifestants se sont rassemblés devant le Théâtre du Nouveau Monde (TNM), en marge de la première représentation de SLĀV : une odyssée théâtrale à travers les chants d'esclaves, présentée dans le cadre du Festival international de Jazz de Montréal.

Il s'agit d'un spectacle signé Robert Lepage et qui met en scène la chanteuse Betty Bonifassi, ainsi que six choristes.

Sur le site internet du TNM, nous pouvons lire à propos de cette création :

«SLĀV est une odyssée théâtrale à travers les chants traditionnels afro-américains, des champs de coton aux chantiers de chemins de fer, des chants d'esclaves aux chansons de prisonniers recueillies par John et Alan Lomax dans les années 30».

Comme l'écrivait Nathalie Petrowski dans La Presse + aujourd'hui, depuis quelques mois, des personnes manifestent leur malaise ou critiquent ce spectacle sur les réseaux sociaux. Ils accusent notamment les créateurs d' «appropriation culturelle».

Pendant la manifestation, Pauline Lomami a confié à La Presse : «On aurait bien aimé faire autre chose de notre vie (que de manifester), mais -une fois de plus- il se passe encore des événements où la souffrance noire est utilisée comme divertissement, en plus sans inclure aucune personne noire. Une fois de plus, c'est problématique et nous sommes obligés d'être ici».

«C'est plus que de l'appropriation culturelle, ajoute son amie Sophia Sahrane. C'est de revivre une violence. Oui, la musique est à tout le monde. Mais cette musique-là est née en tournant des êtres humains en propriété. Il y a eu de la violence sexuelle, psychologique et physique. C'est un traumatisme qui est générationnel. Et là, on l'utilise et on le "whitewash". C'est ça qui fait mal.»

De nombreuses personnes ont pris le micro pour s'exprimer ou pour chanter devant la petite foule regroupée sur la rue Sainte-Catherine.

Le militant Vincent Mousseau, qui a pris la parole à plusieurs reprises, a mentionné : «À l'intérieur de ce théâtre, en ce moment, ils prennent nos souffrances, notre histoire et l'héritage de notre résilience pour un billet qui coûte entre 60 et 90$. Honte à vous!».

Des dizaines de policiers étaient présents. Ils étaient surtout positionnés près de l'entrée du théâtre pour s'assurer que les spectateurs puissent y pénétrer. Ces derniers devaient passer devant les manifestants qui les invectivaient, entre autres en clamant le slogan «Black pain not your game».

«Bienvenue au Théâtre du Nouveau Monde. J'espère que vous allez aimer votre pièce raciste», leur disait aussi l'un des protestataires.

Betty Bonifassi et Robert Lepage.... (PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE) - image 2.0

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Betty Bonifassi et Robert Lepage.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Les réactions des créateurs

Le Festival international de Jazz de Montréal n'a pas voulu commenter.  

Quant à Robert Lepage, la compagnie Ex Machina et Betty Bonifassi, une déclaration a été publiée sur la page Facebook de la compagnie théâtrale, un peu avant le début de la manifestation.

«Oui, l'histoire de l'esclavage sous ses multiples formes appartient d'abord à ceux et celles qui l'ont subi, et à tous ceux qui en ont hérité. Mais cette histoire a été écrite par les oppresseurs autant que par les opprimés, par des blancs aussi bien que par des noirs. Et il faut en témoigner, d'abord pour qu'elle soit connue, mais aussi pour éviter qu'elle ne se perpétue», peut-on y lire.

Les artistes ajoutent : «Avons-nous le droit de toucher à ces sujets? Le public en jugera après avoir assisté au spectacle».

Depuis 1998, Betty Bonifassi s'intéresse aux chants créés par les esclaves afro-américains. Elle a d'ailleurs enregistré deux albums (Lomax et Lomax Deluxe) et elle a présenté, en tournée, le spectacle Chants d'esclaves, chants d'espoir.

Robert Lepage a eu un coup de coeur pour son travail et il a décidé de raconter l'histoire de ces chants dans un spectacle théâtral, dont la première médiatique aura lieu mercredi soir. Il s'agit d'un des spectacles les plus populaires du festival. Jusqu'au 30 juin, toutes les représentations affichent complet. Des supplémentaires ont été ajoutées du 2 au 14 juillet.




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