Fredy: Annabel Soutar persiste et signe

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La distribution de la nouvelle mouture de Fredy : Maxime Genois, Kémy St-Éloy, Ariane Castellanos, Victor Andrés Trelles Turgeon, Joanie Poirier, Nicolas Michon et Ayana O'Shun

Photo EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Mario Cloutier

La pièce Fredy revient à l'affiche. Même texte, même metteur en scène, quelques nouveaux interprètes, mais même controverse. L'auteure Annabel Soutar persiste et signe.

Près de 10 ans après les faits, l'affaire Villanueva continue de susciter les passions, comme on l'a vu la semaine dernière chez les opposants à la reprise de la pièce Fredy et lors du déferlement de critiques faisant suite à l'ouverture de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, à un possible hommage au disparu. Le feu couve toujours. 

Raison de plus pour tendre la main, essayer de comprendre et tenter de réconcilier des antagonismes qui semblent profondément ancrés, pense l'auteure de Fredy, Annabel Soutar.

«Le sujet demeure pertinent, explique-t-elle. Lors de la création, on a senti la soif du public pour comprendre ce qui s'est passé à Montréal-Nord en 2008. L'arrondissement nous a invités à y jouer, d'ailleurs. Notre mission demeure d'inviter les gens à avoir une conversation nuancée et intelligente sur un sujet difficile.»

En mars 2016, la première série de représentations de Fredy a suscité l'adhésion critique en raison d'un travail documentaire rigoureux qui reprenait les témoignages de plusieurs personnes impliquées dans la bavure policière qui causé la mort du jeune Villanueva ou touchées par celle-ci.

Le texte parle de profilage racial, des problèmes sociaux du quartier, de la difficile intégration des néo-Québécois, des ambiguïtés médiatiques et politiques, tout en se montrant empathique envers Fredy Villanueva. 

«Personne n'est neutre, mais je crois à la transparence. C'est ce que j'ai tenté de faire en travaillant pendant des années pour créer Fredy

Annabel Soutar répète qu'il n'y a pas eu de conflit avec la famille Villanueva et que sa porte reste toujours ouverte à la mère de Fredy, Lilian, afin de discuter de la pièce.

«Je suis en faveur de la liberté d'expression et c'est pour ça que j'ai inclus la contestation de Ricardo Lamour [l'un des acteurs qui se sont retirés du spectacle] à la fin de la pièce et ses questions par rapport à mon autorité comme femme blanche, subventionnée par l'État. Il a posé la question devant public, et je lui ai répondu.»

Annabel Soutar et Marc Beaupré, auteure et metteur en... (Photo EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE) - image 2.0

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Annabel Soutar et Marc Beaupré, auteure et metteur en scène de Fredy

Photo EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Maintenir le débat

Toute la démarche artistique, puisqu'il s'agit d'une oeuvre d'art avant tout, d'Annabel Soutar repose sur le dialogue. Se déroulant sur scène et non dans les médias ou les réseaux sociaux.

«Le fait qu'on peut être face à face au théâtre, juste ce contact-là avec des points de vue contraires, permet aux gens de se voir comme êtres humains et ne pas juste en parler sur les réseaux sociaux. C'est important pour moi comme artiste.»

Les acteurs Ricardo Lamour et Solo Fugère se sont donc retirés de la pièce en dénonçant sa reprise. Annabel Soutar est déçue de leur geste, mais elle reconnaît que cela fait partie du débat qu'elle souhaite maintenir au sujet et autour de la pièce. 

«Les gens qui voient la pièce savent que le débat continue. On l'a vu avec la question à Valérie Plante sur la murale honorant Fredy, les poursuites judiciaires, etc. Ça existe dans l'actualité et ça ajoute à l'oeuvre. Je crois que ça marche très bien comme projet artistique. Et à la fin de la pièce, on poursuit la discussion avec le public.»

Annabel Soutar traduit en ce moment sa pièce en anglais pour le public anglophone montréalais, mais en pensant aussi à l'extérieur de la ville et, possiblement, du Québec.

«Le sujet du profilage racial intéresse beaucoup de gens, je dois dire, et plus particulièrement aux États-Unis.» 

L'artiste continuera donc de travailler sur des sujets chauds qu'elle considère comme d'intérêt public. Comme dans J'aime Hydro, l'enquête citoyenne de Christine Beaulieu, qui suscite aussi des passions, quoique d'un autre ordre. 

Dans ses pièces, Annabel Soutar estime qu'elle prend le temps de faire ce que plusieurs médias ne peuvent plus faire. 

«Les médias traditionnels manquent de ressources pour faire leurs enquêtes. Ce n'est plus rentable, je crois. Quand le capitalisme entre dans certaines industries, comme les médias, des valeurs sont perdues. On dit que les gens n'ont plus le temps de s'informer, pourtant, ils restent assis durant plus de trois heures devant J'aime Hydro

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La pièce Fredy est présentée du 18 au 22 décembre à La Licorne et en mars à l'Usine C.




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