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Besbouss: la mort des idéaux

L'acteur Abdelghafour Elaaziz surjoue durant la première partie,... (Photo: Yanick Macdonald, fournie par le Quat'Sous)

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L'acteur Abdelghafour Elaaziz surjoue durant la première partie, au point que l'on se demande s'il ne va pas se consumer sur scène.

Photo: Yanick Macdonald, fournie par le Quat'Sous

«La justice ou la mort?» Le médecin lance cette réplique de Zorro à la fin de Besbouss, la nouvelle pièce de Stéphane Brulotte, à l'affiche du Quat'Sous. Comme pour nous rappeler que certains peuples sont condamnés à résister pour ne pas mourir.

Pour sa pièce, l'auteur s'est inspiré de la révolte du Printemps arabe et de son élément déclencheur: la mort du jeune Tunisien Tarek Bouazizi, vendeur ambulant harcelé par les autorités, qui s'est immolé par le feu dans son village en 2011. Des événements qui ont provoqué le départ du président tunisien Ben Ali.

En fait, ce monologue de 80 minutes est plutôt un dialogue d'un personnage avec sa conscience. Il met en scène le médecin qui doit examiner le cadavre calciné du jeune homme. Dans un premier temps, le médecin réagira vivement et avec émotion, incapable de comprendre ou d'accepter le geste du désespéré. Car il doit désormais collaborer avec le pouvoir pour maintenir la loi et l'ordre...

Le sous-titre de Besbouss est Autopsie d'un révolté. Quel sens à donner ce sacrifice, cet acte ultime de résistance, surtout quand on a soi-même, plus jeune, caressé des idéaux révolutionnaires?

Un acteur qui surjoue

Stéphane Brulotte a le mérite d'éveiller la flamme de la révolte qui sommeille chez les hommes et les femmes épris de justice. Hélas, son texte n'a pas assez de souffle pour la maintenir allumée longtemps.

Il faut dire qu'il y a un sérieux problème de jeu. Le metteur en scène Dominic Champagne a fait appel à un acteur d'origine marocaine, Abdelghafour Elaaziz (Incendies, L'affiche). Mais l'acteur surjoue avec une ferveur incompréhensible durant la première partie, au point que l'on se demande s'il ne va pas se consumer sur scène. Son jeu s'apaise par la suite, mais il sonne toujours faux, nous empêchant d'avoir accès à l'intériorité du personnage, élément essentiel dans une pièce qui repose sur les problèmes de conscience et les déchirements éthiques d'un homme.

Servi par un acteur plus solide, le texte aurait peut-être plus de portée. Car la résistance d'un peuple - où qu'il soit sur la planète - fera toujours écho aux rêves et aux espérances de l'humanité entière.

Toutefois, on peut se demander si cette parole ne s'adresse pas qu'aux bien-pensants, visant à les conforter dans leurs (bonnes) valeurs. Le théâtre et la morale font rarement bon ménage.

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Au Théâtre de Quat'Sous, jusqu'au 17 mai.




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