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Appels entrants illimités: trouver sa place

Appels entrants illimités est une «comédie baroque existentielle» selon... (Photo fournie par spinprod.com)

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Appels entrants illimités est une «comédie baroque existentielle» selon son metteur en scène.

Photo fournie par spinprod.com

Il s'est véritablement fait connaître avec sa pièce-choc 2h14, qui se termine par une fusillade dans une école. Cette fois, l'auteur David Paquet a fait équipe avec Benoît Vermeulen du Théâtre Le clou! pour donner vie à son nouveau texte, Appels entrants illimités.

Il faut bien le dire, le théâtre destiné au public adolescent n'est pas foisonnant. Et bien souvent, il rate sa cible, trop désireux d'aborder des sujets susceptibles de l'interpeller: le suicide, l'intimidation, la violence... On a tendance à servir aux ados du théâtre social. La manière n'est pas toujours subtile...

Ce n'est pas le cas du Théâtre Le clou!, qui réussit année après année à créer de véritables rencontres théâtrales avec ce public à la fois néophyte et exigeant.

Que ce soit avec Assoiffés de Wajdi Mouawad, Romances et karaoké, de Francis Monty ou Éclats et autres libertés, coécrit par Mathieu Gosselin, Étienne Lepage, MarieJosée Bastien et Jean-Frédéric Messier, les pièces du Clou! font mouche. Et tournent, au Québec comme en France.

Comédie baroque

Cette fois, le codirecteur artistique du théâtre, Benoît Vermeulen (finaliste au prix Siminovitch pour sa contribution au théâtre), a pris contact avec le dramaturge David Paquet, qui a remporté en 2010 le prix du gouverneur général et le prix Michel Tremblay pour sa pièce Porc-épic, et dont la pièce pour ados 2h14, a été présentée à la Maison Théâtre l'an dernier.

Ensemble, ils ont créé ces Appels entrants illimités, «comédie baroque existentielle», selon les termes du metteur en scène Benoît Vermeulen. «C'est une pièce qui parle de l'envahissement du monde extérieur et de la difficulté de préserver son intimité, d'avoir un jardin intérieur», a-t-il expliqué.

«Le dramaturge français Phillippe Quesne parle de l'importance pour l'humain de trouver sa place poétique dans ce monde contemporain, très concret, axé sur la performance, poursuit Benoît Vermeulen. Appels entrants illimités parle de ça. L'amour est bien sûr une piste de solution pour les personnages...»

Comme dans ses pièces précédentes, David Paquet a créé des personnages marginaux, extrêmement attachants. En vérité, les trois colocataires, Charlotte, Anna et Louis, peinent à trouver leur place dans la société. Ils ne sont pas de ceux qui rentrent parfaitement dans le moule formaté de la vie...

Dans un passage d'Appels entrants illimités, Charlotte dira à Louis, si perméable à l'actualité: «Si tu veux changer le monde, commence par en faire partie.»

«J'aime le réalisme magique de David Paquet, nous dit Benoît Vermeulen. Il créé des univers ancrés dans la réalité, mais toujours légèrement décalés. Il traite de notre vulnérabilité face au monde et face aux autres, mais ses personnages sont pleins de désirs, ils sont très humains, et ça me touche beaucoup. Ils sont aussi très drôles.»

Dehors tout le monde!

La mise en scène de Benoît Vermeulen joue avec la notion du dehors. «Quatre portes amovibles servent à établir la frontière entre l'intime et le monde extérieur, explique le metteur en scène. Chacun a sa porte. Parfois ils rentrent, parfois ils passent à côté. Parfois ils claquent la porte. C'est une scénographie de portes!»

À la suite des représentations montréalaises, l'équipe du Clou!, qui a créé la pièce à La Licorne le printemps dernier, s'en ira présenter la pièce en France en janvier - notamment dans deux festivals importants: Momix, en Alsace, et À pas comptés, à Dijon.

«Au fond, on fait la démonstration que l'intime est possible, mais qu'il n'existe pas vraiment», conclut Benoît Vermeulen en rigolant. Mais pas de fin tragique cette fois. Malgré leur marginalité, les personnages surréalistes de David Paquet trouvent le moyen d'être qui ils sont. Même s'ils sont sur une voie d'accotement.

Du 27 novembre au 8 décembre à la Maison Théâtre. Tout public à partir de 14 ans.

Portrait-robot des personnages

Charlotte (Catherine Larochelle) 

Elle est à la recherche du grand amour. Contrôlante, mais généreuse, Charlotte est constamment blessée. En conséquence, elle a tendance à blesser les autres. Elle est évidemment très peu sûre d'elle.

«Aujourd'hui, j'ai décidé de m'aimer de façon inconditionnelle. Je détiens un secret. Je sais comment faire exploser les gens.»

Anna (Catherine Le Gresley) 

Anna se déguise tout le temps parce qu'elle ne s'accepte pas. Elle est convaincue d'avoir du pus dans les veines. Elle cherche systématiquement l'approbation des autres. Par l'humour ou la performance. C'est la plus fragile des trois.

«Quand je suis pas déguisée, je deviens dépressive pis j'ai l'impression d'être pleine de pus. Ce sera peut-être pas parce que je chante, mais je vais me faire applaudir.»

Louis (Jonathan Morier) 

Louis est certainement le plus sensible du trio. Ce qu'il veut, c'est sauver le monde. Mais il est perturbé par l'actualité. Au point d'être complètement dysfonctionnel. Il est très bien renseigné sur ce qui se passe, mais il n'arrive pas à s'en détacher.

«Même le tofu est modifié génétiquement. On existe dans un monde où même le tofu est corrompu. Je fais quoi, moi, pour changer ce monde-là?»




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