Le chant du dire-dire : les brebis sacrifiées à l'autel

La pièce repose sur ce fragile équilibre entre... (Photo: fournie par la production)

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La pièce repose sur ce fragile équilibre entre la vie qui continue en dépit des épreuves.

Photo: fournie par la production

Ils ont interprété les trois frères du Chemin des passes dangereuses de Michel Marc Bouchard dans le bain Saint-Michel, l'an dernier. Louis-Philippe Tremblay, Guillaume Regaudie et Yves-Antoine Rivest en remettent cette fois avec la fratrie du Chant du dire-dire, de Daniel Danis, présenté depuis mercredi... à l'église Immaculée-Conception!

Le choix du lieu s'avère tout à fait justifié pour accueillir cette «société d'amour» où trois frères devenus orphelins pour la deuxième fois s'occupent de leur soeur, devenue muette à la suite d'un accident cérébral (troublante Marie-France Bédard). Le très beau texte de Daniel Danis résonne magnifiquement grâce à l'écho naturel de l'église. Assis dans le choeur du lieu de culte, le public se trouve tout de suite projeté dans ce drame familial. Étrange, mais efficace.

La mise en scène de Marc Béland est fondée sur cet espace de jeu insolite, où il n'y a que deux lits superposés pour tout mobilier. Minimaliste, la mise en scène laisse toute la place aux mots de l'auteur. L'orgue Rudolf von Beckerath est aussi mis à contribution, même s'il enterre parfois les dialogues. La plupart du temps, il rythme bien le destin de ces jeunes marginaux, maladroits, mais débrouillards, imaginés par Daniel Danis.

Ces enfants Durant, unis dans l'adversité, continuent d'habiter la maison de leur village après la mort de leurs parents adoptifs. Dès lors s'exprime la relation amour-haine entre ces enfants laissés à eux-mêmes. Noéma, seule fille du clan, quittera la maisonnée pour faire un tour de chant, avant de rentrer chez elle, brisée. Leur amour pour cette soeur d'infortune sera-t-il suffisant pour la sauver?

Toute la pièce de Danis repose sur ce fragile équilibre entre la vie qui continue en dépit des épreuves - comme en font foi ces soirées où les garçons se «désagacent» avec les filles - et l'impossibilité de vivre cette vie hors normes dans une société qui les juge et les isole. L'auteur ne leur laisse que ce machin de «dire-dire» pour crier les mots qui les habitent. Tels des animaux en cage, ils finiront par s'entre-dévorer... et se perdre.

C'est la première fois que la pièce est reprise depuis sa création à Espace GO en 1998. Une autre bonne idée du Théâtre de Mimésis, qui ne semble reculer devant aucun défi. Les trois comédiens explorent assez bien les rapports de force entre ces trois frères éprouvés par la vie, mais les émotions que vivent leurs personnages ne se rendent pas toujours jusqu'à nous. Ou alors de façon inégale. Comme s'ils n'arrivaient pas à se détacher complètement du texte.

Il reste que Le chant du dire-dire est une très belle célébration des mots. À entendre.

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Jusqu'au 20 octobre à la paroisse Immaculée-Conception.




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