Goldoni aurait eu 300 ans en février 2007. Avec L'imprésario de Smyrne (mis en scène par Carl Béchard) et la visite du Teatro Piccolo de Milan, le TNM a marqué l'anniversaire du créateur de la comédie italienne moderne, le printemps dernier. Voilà que les jeunes artistes du Théâtre Advienne que pourra se frottent à leur tour à la commedia dell'arte, avec La fausse malade. Une pièce sur la fièvre amoureuse qui donne la crève!

Sylvie St-Jacques LA PRESSE

«Je pense que les jeunes filles vont aimer ça! Il y a de belles scènes de filles, pas gnangnan du tout. Elles ont une belle place dans le spectacle», lance Jennie-Anne Walker. Je rencontre la comédienne à la voix de gamine - qui incarnait l'impayable recherchiste dans la défunte série Legendre idéal - dans un café du Plateau-Mont-Royal. Est aussi au rendez-vous, le comédien Claude Tremblay, qui incarne Pantalon dans ce «Molière italien.»

 

«Comme c'était le 300e anniversaire de Goldoni, on voulait souligner la chose avec une pièce qui n'avait jamais été montée. Frédéric (Bélanger) et moi avons cliqué sur cette pièce. Contrairement au canevas conventionnel, les amoureux y sont considérés comme des ennemis et le docteur, subitement, devient le jeune premier», exprime Claude Tremblay qui, en collaboration avec le metteur en scène Frédéric Bélanger, a fait l'adaptation de ce texte de Goldoni.

Traduite de l'italien au français par La comédie française en 2006, la pièce a subi un dégraissage par Bélanger et Tremblay. «C'est un show de 2h15, qui a été réduit à 1h20», mentionne Tremblay, avant d'ajouter que La fausse malade fait plusieurs clins d'oeil au système de santé québécois.

Goldoni pour tous

Tout comme Le dépit amoureux (en 2006) et D'Artagnan et les Trois Mousquetaires (en 2007), les précédentes productions du Théâtre Advienne que pourra, La fausse malade a eu une première vie en été, à Saint-Charles-Borromée. Malheureusement, en raison du temps pluvieux, le spectacle n'a été donné que huit fois. «On accélérait parfois le texte, pour finir avant la pluie!» dit Jennie-Anne Walker.

Les spectateurs de tous les âges, poursuit-elle, ont été captivés par ce Goldoni masqué «festif et forain». Une charmante intrigue où une jeune fille se rend malade d'amour pour son médecin. «L'histoire reste actuelle. Ça parle de parents qui ne sont pas d'accord avec le choix amoureux d'une jeune fille. Il n'y a ni âge ni époque pour parler de ça!»

Walker, qui à deux reprises a joué à Denise-Pelletier - dans Unity et Les fourberies de Scapin -, sait qu'aucune tricherie n'est possible avec le public jeunesse. «Il faut une étincelle dans leurs yeux. Parce que quand les jeunes n'aiment pas ça, ils te le font savoir tout de suite.» En tout cas, ils auront du moins l'occasion de pratiquer leur italien, puisque le quart de la pièce est dit dans la langue de Goldoni. «On s'attache aux personnages. Cela fait des mois que mon fils de 3 ans me parle du personnage du pharmacien chinois, qui est un peu le comic relief de la pièce.»

Pantalone et Colombina chez Jean-Coutu?

La fausse malade, de Carlo Goldoni, dans une mise en scène de Frédéric Bélanger, du 18 novembre au 6 décembre à la Caserne Létourneux (411, rue Létourneux).