Le retour très attendu de Delphine de Vigan

Grâce à son roman D'après une histoire vraie,... (Photo Marco Campanozzi, La Presse)

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Grâce à son roman D'après une histoire vraie, paru en 2015, Delphine de Vigan a mis la main sur le Renaudot et le Goncourt des lycéens.

Photo Marco Campanozzi, La Presse

L'auteure de Rien ne s'oppose à la nuit et D'après une histoire vraie nous revient avec un roman tout court et hypersensible. Et nous confirme qu'elle est une grande écrivaine.

Alors, il est comment, le nouveau de Vigan?

Il est très bon. Sensible. Prenant. La romancière sait bien qu'on l'attendait avec impatience. Plutôt que de sortir les gros canons, elle revient tout en douceur avec ce roman très fin qui raconte l'histoire d'un garçon, Théo, 12 ans, en garde partagée, tiraillé entre sa mère aigrie et son père chômeur en détresse. Une enseignante très empathique, Hélène, s'inquiète pour lui au point d'en faire une obsession. C'est tout court (205 pages), mais ça vous happe dès les premières pages.

Les personnages

Esquissés par petites touches, les personnages imaginés par Delphine de Vigan ne sont pas tous aimables, mais ils sont néanmoins attachants. Théo, qui souffre en silence, si attentif à ne pas blesser ses parents. Sa mère, jamais remise de sa séparation, et son père, véritable épave, échouent complètement dans leur rôle de parent.

Son enseignante est tout aussi bouleversante, elle qui a vécu une enfance difficile qui la fait s'identifier au jeune Théo. Mathis, l'ami fidèle, et sa mère Cécile, une cinquantenaire en crise, complètent le tableau. Des gens ordinaires aux prises avec des drames plus grands qu'eux, dans une atmosphère un peu étouffante. On imagine un décor beige ou gris.

Les loyautés, de Delphine de Vigan... (image fournie par Grasset) - image 2.0

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Les loyautés, de Delphine de Vigan

image fournie par Grasset

Le style de Vigan

C'est dans les détails qu'on reconnaît la force de Delphine de Vigan, dans son sens de l'observation, sa sensibilité à décrire les maux de l'âme, les ruminations, les crises familiales qui se jouent derrière les façades de respectabilité et de convenance. À travers le personnage d'Hélène, elle construit un suspense autour du jeune Théo. On se surprend à s'inquiéter de plus en plus pour ce jeune garçon si émouvant. Le récit est construit avec intelligence et délicatesse.

On le lit?

Tout à fait. Il s'inscrit dans la suite des romans de Delphine de Vigan comme No et moi ou Les heures souterraines. Moins flamboyant que son précédent, mais pas moins important. C'est ce qui s'appelle construire une oeuvre.




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