Patiemment, à petites touches, Sylvie Germain explore la psyché humaine. Son écriture tout en finesse éclaire la complexité de personnages bien étoffés. Par l'entremise d'une famille recomposée, plusieurs vies sont explorées sur une longue période.

Andrée LeBel LA PRESSE

Chacun des 49 courts chapitres raconte une scène en apparence anodine ou un événement dramatique qui laisse une trace indélébile. Ces instants cristallisés influencent ensuite des choix, font naître des angoisses ou deviennent des sources de réconfort.

Abandonnée par sa mère lorsqu'elle n'a que quelques mois, Lili-Barbara ne cesse de chercher son identité. Quand son père refait sa vie avec une femme qui a déjà quatre enfants, elle hérite d'une fratrie, des joies et des chagrins d'une famille recomposée.

Comme amoureuse et comme artiste, elle cherche l'apaisement, l'équilibre et la liberté. Mélange de réflexions sur le sens de la vie et sur le temps qui passe, le roman recèle aussi de très beaux passages sur l'art (peinture, danse, musique, mime), dans lequel chacun des enfants cherche sa voie.

Malgré les chagrins et les deuils, tous les personnages sont en mouvement et, quoi qu'il arrive, ils avancent en essayant de se réaliser.

* * * 1/2

Petites scènes capitales. Sylvie Germain. Albin Michel, 256 pages.