Dans ce roman à thèse sur le talent, Mateo dit avoir rencontré bien des joueurs aussi doués que lui. Ses performances avec le ballon rond, il les attribue plutôt à sa détermination et aux nombreuses heures qu'il passe sur le terrain.

Andrée LeBel LA PRESSE

À 18 ans, le jeune prodige reçoit des offres des grands clubs de soccer, dont le Real Madrid. Il choisit plutôt de s'inscrire à l'Université de Vernet dans le but de remporter le championnat universitaire.

Les objections de son agent ne le font même pas douter de sa décision. Le soccer devient vite sa seule raison de vivre.

Son égocentrisme l'amène à délaisser sa copine et à juger ses coéquipiers selon leur seule volonté de l'aider à remporter le championnat. Mateo arrive rarement à jouir du moment présent et ses succès ne le rendent pas heureux. Son approche statistique du sport est ardue et le rend peu sympathique.

D'autres personnages, comme sa mère ou l'entraîneur, sont plus humains. Le roman contient suffisamment de suspens pour retenir les lecteurs jusqu'à la dernière page.

Antoine Bello dit avoir beaucoup étudié la psychologie des champions. Chose certaine, son récit suscite une réflexion sur l'ambition et le dépassement de soi.

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Mateo, Antoine Bello, Gallimard, 288 pages.