On a envie d'enfiler les métaphores alimentaires à la lecture de Comme une bête, cinquième livre de la Française Joy Sorman - son premier «vrai» roman, de l'avis de l'auteure.

Mis à jour le 16 nov. 2012
Marie-Christine Blais LA PRESSE

On y dévore la vie de Pim, apprenti qui se découvre une vocation pour la boucherie, qui tournera à la passion, puis à l'obsession. On absorbe le parcours à la fois intriguant et routinier de cet «homme-boucher», artiste de la chair, non violent, qui dépèce avec extase et qui a pour autre particularité de pleurer sans raison ni préavis.

On se délecte du style de Joy Sorman, très pictural, riche, hyperréaliste, parfois technique, parfois lyrique. On se gorge de mots inconnus et aussi de dégoût trouble quand Pim fait un stage aux abattoirs de Rungis, où l'abattage des porcs devient un rituel initiatique.

On se nourrit de l'amour de Pim pour les vaches, né dans une ferme artisanale. Et on avale ses réflexions sur l'abattage de masse, l'élevage à outrance, la consommation.

Bref, on se gave de quelque chose comme de la littérature anthropologique, dense, nutritive et goûteuse. Seules les toutes dernières pages nous laissent sur notre faim...

__________________________________________________________________________

* * * 1/2

Comme une bête. Joy Sorman. NRF/Gallimard, 165 pages.