«Si tu aimes le monde, tu périras avec lui». Matthieu et Libero, deux amis ayant abandonné leurs études de philosophie pour relancer un bar dans un village en Corse, l'apprendront à leurs dépens.

Chantal Guy LA PRESSE

Ils croyaient avoir créé le «meilleur des mondes possibles» en oubliant que ce que «l'homme fait, l'homme le détruit». Le septième roman de Jérôme Ferrari, en lice pour de nombreux prix, est un audacieux mélange de prêche, d'humour, de fatalisme et de leçon philosophique, porté par une écriture exigeante, qui fascinera ou rebutera le lecteur, qui devra s'accrocher pour vivre, en quelque sorte, une révélation sur les espoirs toujours déçus des hommes - les femmes s'en tirent mieux.

Que deviennent les hommes lorsque leur «monde n'est plus», mais qu'eux continuent d'exister? Grave question qui entre dans cet imaginaire de la fin très présent en Occident. Jérôme Ferrari lie notre désespoir contemporain à celui des chrétiens qui ont vu la destruction de leur monde en 410, et qui n'avaient pour seul réconfort que la foi en une éternelle cité de Dieu. Jouissif et mystique, c'est possible.

Le sermon sur la chute de Rome

Jérôme Ferrari

Acte Sud, 202 pages