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PME-Art et Jacob Wren: performants depuis 20 ans

Richard Ducharme, Jacob Wren et Sylvie Lachance créent depuis... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

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Richard Ducharme, Jacob Wren et Sylvie Lachance créent depuis 20 ans et montrent leur travail dans une vingtaine de villes du monde.

Photo Martin Chamberland, La Presse

Mario Cloutier

Jacob Wren raconte la magnifique histoire de PME-Art dans Authenticity is a Feeling - My Life in PME-Art. Un art collaboratif, un art de la performance, un art qui redéfinit la frontière entre la scène et la salle.

Quand la codirectrice artistique de PME-Art, Sylvie Lachance, annonce, en Allemagne ou en Suède, un nouveau spectacle, le diffuseur ne demande pas qui elle est, mais plutôt: «Quelle date vous conviendrait?» Jacob Wren, Richard Ducharme et elle sont des vedettes en leur genre. Vous ne les avez pas vus à la télévision, mais les trois complices créent depuis 20 ans et montrent leur travail dans une vingtaine de villes du monde (dont Düsseldorf, Prague, Bergen, Stockholm et Tokyo).

Dans le «circuit» des arts de la performance, c'est un genre d'exploit porté sur scène par Jacob Wren, mais qui n'aurait jamais été possible sans la «persévérance» de ses amis. Voilà le premier constat d'Authenticity is a Feeling - My Life in PME-Art (en cours de traduction).

«L'une des raisons qui m'ont poussé à écrire le livre, c'est que de nombreuses personnes n'ont vu qu'un ou deux de nos spectacles. Je crois que ça rend les choses plus intéressantes de connaître toute l'histoire», explique Jacob Wren.

Risques

Il était une fois un jeune artiste de Toronto qui n'aimait pas le théâtre qu'il voyait sur scène dans les années 90. Il rêvait de quelque chose de nouveau, d'audacieux. Au même moment à Montréal, Sylvie Lachance et Richard Ducharme présentaient Les 20 jours du théâtre à risque, un festival qui a vécu huit ans branché sur l'international.

«On était très local, mais international aussi, raconte Sylvie Lachance. L'important pour nous, c'était de donner de vrais cachets aux artistes.» Et Richard Ducharme d'ajouter en riant: «Jacob est arrivé au mauvais moment, c'était une année où l'argent manquait, mais il est toujours revenu.»

Sylvie Lachance, qui avait vu Jacob Wren en performance à Toronto, l'invite à Montréal une fois puis une autre. Vingt ans après leur première collaboration, En français comme en anglais, it's easy to criticize, Jacob Wren vit toujours à Montréal.

«Quand on a commencé, on n'avait rien fait, raconte Jacob Wren. En 20 ans, on a beaucoup fait, mais plus on en fait, plus les gens comparent à l'ancien travail. C'est un sentiment étrange parce qu'on essaie toujours de se réinventer.»

Les trois acolytes ont développé une manière de travailler décrite en détail dans Authenticity, un livre qui se lit à la fois comme une autofiction et comme un exposé théorique où éthique, rigueur et humanisme sont de mise.

Soi-même

En équipe, le leitmotiv de PME-Art, «être soi-même sur scène», se décline selon les disciplines des collaborateurs: danse, théâtre, performance, arts visuels, musique, etc. Mais le livre n'a rien de didactique. Impossible avec Jacob Wren, un artiste qui doute toujours de tout.

«D'autant plus avec le temps, dit-il. C'est la base pour continuer d'avancer. Retrouver cet endroit, ce sentiment de ne pas trop savoir ce qu'on fait. Retrouver le sens presque "amateur" de la création.»

Authenticity is a Feeling - My Life in PME-Art de... (photo fournie par Book Hug) - image 2.0

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Authenticity is a Feeling - My Life in PME-Art de Jacob Wren

photo fournie par Book Hug

Jacob Wren connaît bien son théâtre. Il a lu les grands textes, assimilé les théories, mais ne peut se résoudre à l'exercer comme les autres.

«Shakespeare essayait de créer quelque chose à propos de son époque quand il écrivait. Je crois qu'on crée quelque chose qui va intéresser les gens dans le futur parce que ça se passe maintenant. Je crois qu'il faut être de son temps pour que ça s'inscrive dans la durée.»

«Nous croyons à la performance comme un espace de création ouvert où tout peut arriver. C'est ouvert sur le public aussi. Nous croyons à l'éthique, à une réelle rencontre avec le public, mais nous travaillons fort sur le contenu et la structure pour y arriver», ajoute Sylvie Lachance.

Gestion

Ancien syndicaliste, Richard Ducharme administre le tout de main de maître. Il s'agit d'un art pauvre et noble comme dans arte povera, un art de la guérilla qui se joue sur le champ de bataille des subventions et des partenariats.

«Ça semble impossible parfois, explique-t-il, mais je cherche toujours une façon et je fais en sorte que 75 % du budget soit versé aux artistes. Nous n'avons jamais reçu de plainte à ce sujet. Le plus dur, c'est les demandes de subventions qui nous prenaient une demi-journée dans les années 90 et qui nécessitent un mois de travail maintenant!»

Cela ressemble à un modèle de création et de gestion unique: des artistes qui ne font pas de compromis, sans crever de faim, même si travailler en collaboration peut être difficile.

«Je crois sincèrement que tout le monde trouve difficile de collaborer avec d'autres. Peut-être que je suis l'un de ceux qui en parlent le plus. Avec ce livre, j'ai avoué mon vrai péché: devenir célèbre. C'est mon crime», s'esclaffe Jacob Wren.

La performance L'authenticité, un sentiment sera en tournée à l'étranger à l'automne avant de revenir à Montréal au printemps.

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Authenticity is a Feeling My Life in PME-Art. Jacob Wren. Book Hug. 304 pages.




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