Le roman commence à l’enterrement de Clarisse, disparue trop tôt, auquel Ève assiste en janvier 2021. Puis, retour à l’été 1979, moment décisif dans la vie de Clarisse, alors adolescente.

Laila Maalouf
Laila Maalouf La Presse

Sur quatre décennies, Catherine Cusset raconte l’histoire de ces deux femmes, Ève et Clarisse, qui ne se sont connues que trop tard. Elle entrelace leurs « vies parallèles qui se faisaient écho, si proches et si différentes » – dans leur manière d’aborder l’amour, le désir, la maternité, le vieillissement et, surtout, dans leur façon de concevoir le bonheur.

Clarisse est une femme libre, passionnée, impulsive. Elle a été élevée par une mère seule et alcoolique. Elle vit à Paris après avoir voyagé en Asie, où elle a rencontré le père de ses trois garçons. Ève est ambitieuse, dévouée, sérieuse ; elle a grandi dans une famille catholique traditionnelle. Avec son mari, elle s’est établie à New York, où sont nées leurs filles. Deux femmes accomplies et pleines de vie qui, malgré leur bonne volonté, se sous-estiment profondément et ne cessent de rechercher ce qui leur permettra de se sentir enfin en paix avec elles-mêmes.

Tout en entretenant le suspense d’une histoire à l’autre, l’écrivaine construit lentement, de sa plume sublime et lapidaire, deux casse-tête séparés qui, un morceau à la fois, finissent par s’emboîter pour ne faire qu’un – nous permettant de découvrir enfin le lien entre ces deux femmes et le moment où elles se rejoindront.

Au fil de leurs peines, de leurs espoirs et de leurs déceptions, c’est nous qui pleurons, désirons et mourons un peu après chacun de leurs échecs, car ces femmes portent en elles les souhaits et les craintes de toutes celles qui ont aimé, souffert et cherché à plaire.

La définition du bonheur est sans conteste le roman le plus abouti de l’écrivaine française, dont l’œuvre, déjà forte de titres comme La haine de la famille, Un brillant avenir et Une éducation catholique, avait atteint un nouveau sommet avec l’inoubliable L’autre qu’on adorait. Puis voilà qu’avec La définition du bonheur, Catherine Cusset livre un roman magnifique qui représente, pour reprendre ses propres termes, ce qu’on peut « attendre de mieux de la littérature, ce sentiment d’une vraie compagnie ».

La définition du bonheur s’est d’ailleurs taillé une place dans la première sélection du prix Renaudot, qui sera remis le 3 novembre prochain. Une récompense qui serait bien méritée.

La définition du bonheur

La définition du bonheur

Gallimard

352 pages