(Montréal) Faire briller les auteurs québécois tout en donnant aux enfants de milieux défavorisés le goût de lire et de rêver ? C’est possible cette année puisque deux démarches s’unissent : le mouvement « Le 12 août, j’achète un livre québécois » et celui de « La lecture en cadeau ».

Stéphanie Marin La Presse Canadienne

« Une pierre deux coups », a spontanément lancé la comédienne Salomé Corbo, porte-parole de La lecture en cadeau de la Fondation pour l’alphabétisation.

Cette « alliance de lecture » est une initiative commune de la Fondation et de ses partenaires : Archambault, l’Association des bibliothèques publiques du Québec, l’Association des libraires du Québec, Coopsco, Les Libraires et Renaud-Bray.

Le mouvement du 12 août a rallié la population québécoise ces dernières années : alors pourquoi ne pas saisir l’occasion de tous ces gens qui se déplacent en librairie ce jour-là pour leur suggérer d’acheter en même temps un livre pour un jeune d’un milieu défavorisé ? demande Mme Corbo.

« On a un bassin d’auteurs tellement bouillonnants, tellement formidables » au Québec et c’est le cas aussi de ceux qui écrivent de la littérature jeunesse.

Normalement, l’initiative « La lecture en cadeau » se déroule à l’automne. Mais cette année, alors que la COVID-19 jette encore un voile d’incertitude, la Fondation juge qu’il est judicieux de la devancer, alors que les librairies sont ouvertes et que les boîtes pour les dons s’y trouvent. « Profitons-en ».

Salomé Corbo, qui s’est fait connaître du public notamment avec son personnage de Caroline dans Unité 9, est la porte-parole de « La lecture en cadeau » depuis plusieurs années. Elle a eu l’occasion de voir des enfants de 0 à 12 ans recevoir un livre, qu’ils regardent comme on le fait avec un objet précieux, a-t-elle relaté.

« D’abord, c’est un objet neuf. Et ils n’en ont pas beaucoup des objets neufs. La plupart des enfants disent : “Il est pour moi ? Pour toujours ?” ».

Ils sont très émus, très touchés de recevoir un cadeau d’un étranger, dit-elle. Puis « vient le stimulus de la curiosité ».

« C’est beau de voir naître leurs intérêts grâce à un livre. On veut devenir Nadia Comaneci. On veut devenir géologue », lance la comédienne sur un ton enjoué.

Il est important de semer la graine de la littératie très très tôt juge-t-elle. Elle incite les donateurs à ne pas oublier les 0 à 5 ans qui eux aussi peuvent en bénéficier.

Combien de livres la Fondation veut-elle récolter ? « J’aimerais qu’il y en ait… plus de 100 000 ! », s’exclame-t-elle en riant. Mais redevenant plus sérieuse, elle souligne que les livres reçus ne suffisent pas à la demande, formulée par les éducateurs et les enseignants. Et depuis la pandémie, il y a encore plus d’enfants dans le besoin, ajoute-t-elle.

Au fil des ans, le programme a permis de distribuer plus de 860 000 livres, contribuant à prévenir les difficultés de lecture et d’écriture susceptibles de mener au décrochage scolaire, puis à l’analphabétisme, indique la Fondation.

Les boîtes de dons se trouvent déjà dans les librairies participantes et aussi dans certaines bibliothèques municipales. Les enfants reçoivent en même une carte postale qu’ils peuvent envoyer à celui ou celle qui lui a offert la lecture québécoise en cadeau.

Il sera possible de faire un don de livre ou en argent dédié au programme La lecture en cadeau tout au long de l’automne, alors que les boîtes de collecte demeureront en place après le 12 août, tout comme les autres moyens de collecte habituels.

Consultez la liste des lieux de collecte en librairie