Au moment où d’autres maisons ont eu la bonne idée de rééditer certains des premiers livres de Michael Delisle, en poésie et en fiction, Boréal nous propose son nouveau recueil de nouvelles, Rien dans le ciel. On y retrouve les thèmes chers à l’écrivain/enquêteur des coulisses du vivant.

Mario Cloutier
La Presse

Dans ces huit nouvelles, Michael Delisle continue d’écrire où ça fait mal. S’il n’y a rien dans le ciel, c’est bien parce que les pertes et les défaites s’accumulent sur la terre. Ces petites et grandes morts qui frappent l’humanité de mille façons sous des apparences totalement banales.

Parmi ces protagonistes qui meurent par détails : un collectionneur de BD frôlant le suicide, un détenteur de porte-bonheur reliquat d’un crime odieux, un écrivain à qui le ciel tombe sur la tête, un chauffeur témoin du naufrage de la vieillesse, un ancien orphelin devenu aidant naturel par dépit et un malade prétendument condamné en quête de son ultime voyage.

Tous ceux-là pensent atteindre le ciel dans leur quête de verticalité. Au-delà de la filiation, de la mélancolie, du bonheur étiolé et des souvenirs qui auraient dû le rester, ils cherchent une raison d’être ou de ne pas être, une vie après la vie, Dieu peut-être. En vain. Leur ciel reste vide.

Il n’y a qu’un grand mystère, ce qui fait toute la science de Michael Delisle. Une écriture précise, captivante, fouillant derrière les faux-semblants du quotidien pour nous assurer d’un plaisir bien réel, celui-là, de lecture.

★★★★
Rien dans le ciel
Michael Delisle
Boréal
144 pages