C’est le livre de la rentrée littéraire en France, et il est au cœur d’une polémique qui ne fait que grandir. Salué avec enthousiasme par la critique, Yoga, d’Emmanuel Carrère, raconte la dépression de l’auteur, mais aussi la fin de sa relation avec la journaliste Hélène Devynck.

Iris Gagnon-Paradis Iris Gagnon-Paradis
La Presse

Depuis une semaine, des médias se demandent si l’ellipse narrative présente dans le livre ne serait pas le fait de modifications apportées au récit par les avocats de Mme Devynck, alors que, dans la foulée, certains contestent la légitimité de récompenser du prix Goncourt (Yoga fait partie de la première sélection) un livre plus ancré dans l’autobiographie que la fiction — une raison qui avait été évoquée pour écarter Le Lambeau, de Philippe Lançon, en 2018.

Voilà que la journaliste a offert son droit de réponse dans Vanity Fair, mardi, ajoutant de l’eau au moulin. Elle y affirme que Carrère est lié à elle par un contrat qui l’oblige à obtenir son consentement pour l’utiliser dans son œuvre.

« Je n’ai pas consenti au texte tel qu’il est paru », écrit-elle, ajoutant que « l’auteur et son éditeur n’ignorent en rien mes difficultés et ma détermination à faire appliquer ce contrat ».

Elle souligne que Carrère a fait preuve d’une « âpre résistance » et que l’éditeur lui aurait carrément menti sur le contenu du roman. En plus de ne plus vouloir faire « l’objet d’écriture fantasmé » de son ex-mari, elle affirme son opposition devant « l’effacement de la frontière entre fiction et mensonges » opéré par Yoga.

« La fiction veut dire une vérité. Le mensonge veut la dissimuler », dit-elle, rejetant l’idée même du « pacte de vérité » proposé par l’auteur à ses lecteurs. Fiction, autobiographie ou ramassis de mensonges ? La polémique est loin d’être terminée…

Lisez le Droit de réponse d’Hélène Devynck dans Vanity Fair