Le roman graphique Le voleur de sandwichs est un immense succès : le tirage en français atteint près de 40 000 exemplaires. Voilà que sort la suite, L’alerte au feu, aux Éditions de La Pastèque. Rencontre en cinq points (sans sandwich, on n’a pas pris de risque !) avec l’auteur André Marois et la nouvelle illustratrice de la série, Célia Marquis.

Marie Allard
Marie Allard La Presse

<em>Le voleur de sandwichs</em> a été traduit dans une dizaine de langues

  • Le voleur de sandwichs, texte d’André Marois, illustrations de Patrick Doyon, Les Éditions de La Pastèque.

    PHOTO FOURNIE PAR LA PASTÈQUE

    Le voleur de sandwichs, texte d’André Marois, illustrations de Patrick Doyon, Les Éditions de La Pastèque.

  • En anglais.

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    En anglais.

  • En coréen.

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    En coréen.

  • En catalan.

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    En catalan.

  • En polonais.

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    En polonais.

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Populaires sandwichs

Publié en 2014, Le voleur de sandwichs est un très chouette roman graphique (c’est-à-dire une bande dessinée de petit format, comptant beaucoup de pages). On y suit l’enquête de Marin, un garçon dont les délicieux sandwichs disparaissent mystérieusement de la boîte à lunch. « C’est un gros succès, vraiment formidable », dit André Marois, son auteur.

Illustré par Patrick Doyon, Le voleur de sandwichs a remporté le Prix littéraire du Gouverneur général en 2015, catégorie livre illustré, le Prix des Incorruptibles 2016-2017, etc. Traduit dans une dizaine de langues, dont en anglais chez Chronicle Books, c’est devenu « un grand classique jeunesse québécois », estime Frédéric Gauthier, cofondateur de La Pastèque.

PHOTO FOURNIE PAR LES 400 COUPS

On dit du loup, texte de Géraldine Collet, illustrations de Célia Marquis, Éditions Les 400 coups.

Plusieurs suites

L’alerte au feu met toujours en scène les élèves de la classe de Madame Tzatziki. La narratrice est cette fois Marie, une camarade de Marin dont la mère est chômeuse. « Ça change la dynamique, le fait que ce soit une fille, note André Marois. On découvre sa vie, sa réalité. »

C’est Célia Marquis, dont le style est tout en rondeurs, qui prend le relais aux illustrations. Il s’agit de son deuxième livre jeunesse, après On dit du loup, publié en novembre aux Éditions Les 400 coups. « La Pastèque m’a vraiment fait confiance », souligne Célia Marquis. Le contrat était énorme : L’alerte au feu compte 140 pages de dessins, ayant nécessité 10 mois de travail. Un troisième tome est en cours de réalisation, par Patrick Doyon.

PHOTO FOURNIE PAR LA PASTÈQUE

Extrait de L’alerte au feu, texte d’André Marois, illustrations de Célia Marquis, Les Éditions de La Pastèque.

Toute ressemblance avec la réalité…

Dans L’alerte au feu, l’école est fermée pour cause de contamination par des champignons. Les enfants étudient dans des préfabriqués, qui occupent la moitié de la cour de récréation. Coïncidence : une partie de l’école Sophie-Barat à Montréal vient d’être fermée d’urgence, en raison d’un problème de structure. « L’idée, c’est de s’inspirer de notre réalité et des écoles d’ici, dit André Marois. Les problèmes de champignons, ça crée un univers bien particulier. » Des enfants entrent à l’école avec des masques de protection, dans un passage qui évoque presque la COVID-19. Un autre élève, Mustapha, se demande s’il est soupçonné d’avoir causé l’incendie parce qu’il est noir — faisant encore une fois tristement écho à l’actualité.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Cet automne, André Marois publie également Fric-frac, le parcours d’un billet de banque, aux Éditions Isatis.

Personnages complexes

Alors que bien des œuvres pour enfants montrent le bien et le mal, L’alerte au feu présente des personnages complexes — comme dans la vie. « Puisque c’est un roman policier, il y a une enquête, fait valoir André Marois. Si on se doute tout de suite qui sont les bons, qui sont les méchants, ce n’est pas intéressant. C’est essentiel dans la construction de l’histoire, que les personnages aient de la consistance et qu’il y ait des surprises. »

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Célia Marquis a illustré les 140 pages de L’alerte au feu. « J’essaie de travailler minutieusement les expressions faciales et le langage physique des personnages, pour les rendre attachants et engageants », dit-elle.

Vive la tablette graphique

Diplômée en Beaux-Arts de Concordia, Célia Marquis a réalisé ses illustrations sur tablette graphique. Elle s’est inspirée de son école primaire, dans le Plateau Mont-Royal, et de sa maison d’enfance. « Dans mes dessins, j’aime insérer des détails qui donnent de la personnalité aux lieux et aux objets, précise-t-elle. Ça invite le lecteur à prendre le temps de s’arrêter, pour chercher les détails. J’ai toujours trouvé ça cool qu’en bande dessinée, il puisse avoir un décalage entre le texte et l’image. »

L’œil attentif trouvera une chaise longue sur le toit de l’école, une chaussette dans une classe, même un petit jouet Furby dans une voiture. « J’aime les incongruités », note Célia Marquis. Elles donnent de la personnalité à notre monde, qui serait sinon trop lisse — et sans enquête à mener…

PHOTO FOURNIE PAR LA PASTÈQUE

L’alerte au feu, texte d’André Marois, illustrations de Célia Marquis, Les Éditions de La Pastèque.

Enquête à l’école

L’alarme d’incendie retentit dans le module préfabriqué où Marie, Marin et Mustapha vont en classe. Leur école est fermée, infestée de moisissures. Alors que tout le monde pensait que c’était un simple exercice d’évacuation, le feu était réel. Qui est en cause ? Mettant en scène des personnages nuancés, ce roman graphique est moins rigolo que Le voleur de sandwichs (le tome précédent, illustré par Patrick Doyon), mais tout de même réussi. Les dessins expressifs de Célia Marquis sauront séduire les enfants.