La réunification des deux Allemagnes a eu un impact saisissant sur le tissu architectural de l’ancienne Allemagne de l’Est.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Des centaines d’édifices érigés à la gloire du communisme ou destinés à faire fonctionner une économie coupée du reste du monde y ont été abandonnés. Or, ces lieux constituent de précieux témoins de l’histoire pas si lointaine de cet ancien État tombé avec le mur de Berlin.

Universitaire de renom, Nicolas Offenstadt se sert ici d’une activité contemporaine (l’exploration urbaine, ou urbex) comme instrument de connaissance. Il explore par exemple les entrailles d’une ancienne usine de briquettes de lignite (charbon brun) pour expliquer comment celle-ci constituait la source principale d’énergie primaire du pays. 

À Francfort-sur-l’Oder (à ne pas confondre avec Francfort-sur-le-Main), il déniche dans la Maison de l’amitié germano-soviétique une affiche de la station spatiale Mir (paix, en russe), ce qui n’est pas surprenant quand on apprend que l’édifice est situé dans le Quartier des cosmonautes.

En dépit du format et du prix, Urbex RDA n’est pas un « beau livre ». C’est un ouvrage savant destiné au grand public. Sa présentation est un peu quelconque avec une introduction de 17 pages d’écriture bien tassée et des photos plutôt moches (l’auteur le reconnaît d’emblée).

Mais cela reste un livre sortant des sentiers battus et apte à nous faire comprendre la vie quotidienne de l’autre côté du Rideau de fer.

★★★½

Urbex RDA – L’Allemagne de l’Est racontée par ses lieux abandonnés, Nicolas Offenstadt, Albin Michel, 256 pages.