Dans son autobiographie, sortie cette semaine en français, et dont nous vous proposons un extrait, le chanteur livre plusieurs potins de première main sur ses amis les célébrités.

Jean-Christophe Laurence Jean-Christophe Laurence
La Presse

La planète meurt à petit feu, la Syrie s’embourbe, Hong Kong brûle et l’on pourrait se retrouver dès mardi avec un gouvernement canadien minoritaire.

Tout va mal sur cette planète en perdition. Mais réjouissez-vous, mesdames et messieurs, il y a au moins une bonne raison de sourire : Elton John vient de lancer sa première autobiographie.

Que voilà une belle occasion de se détourner du sort du monde ! Plutôt que de se soucier du sort des Kurdes, plongeons dans cet immense nombril : celui du prolifique – et parfois génial – chanteur britannique, qui a dominé les palmarès pendant près d’un quart de siècle.

PHOTO ARTHUR MOLA, ASSOCIATED PRESS

Elton John en spectacle lors de la réception pour le film Rocketman au Festival de Cannes, le 16 mai dernier

Le titre est d’ailleurs bien trouvé : Moi. Comme dans Je, me, moi. Ma vie, mon œuvre, mon homosexualité, mes chaussures, mes lunettes, mes cheveux repiqués, mes problèmes de drogue, mon cancer de la prostate et ma longue route de briques jaunes, pavée de démons et de millions (de dollars).

Enfin, la vérité

On peut se demander pourquoi Sir Elton, 72 ans, a attendu aussi longtemps avant de raconter sa propre histoire. Peut-être voulait-il profiter de l’élan généré l’an dernier par le soporifique biopic le concernant (Rocketman). Le film aurait généré quelque 200 millions de dollars, en plus de réactiver son vieux fond de catalogue, redécouvert par une nouvelle génération d’amateurs de pop.

Ou peut-être voulait-il tout simplement combler les lacunes des biographies « non autorisées » publiées à son sujet depuis des décennies.

PHOTO FOURNIE PAR LA MAISON D’ÉDITION

Elton John et sa mère, Sheila Dwight

Car, enfin, avec Moi, Elton John peut raconter sa vérité. On ne parle pas des grandes lignes de son incroyable carrière commencée à l’orée des années 70, mais plutôt d’un témoignage intime sur son parcours, de cette mère « mal aimante » jusqu’à ce mari « bien aimant » avec qui il finira par avoir deux beaux enfants.

Mais ce sont les potins, comprend-on, qui constituent la véritable valeur ajoutée de ces mémoires. Si l’on se fie à ce qui se dit dans les journaux britanniques, Elton John nous livre des secrets qu’on désespérait de jamais connaître.

On y apprend, par exemple, que sa brouille de cinq ans avec Lady Di fut provoquée par un livre sur Versace. Il lui avait demandé d’écrire la préface. Elle a refusé. Il s’est senti humilié.

Et que dire de cette soirée où les acteurs Richard Gere et Sylvester Stallone se sont disputés pour la belle princesse, tout juste divorcée ? Ils se sont presque battus, les pauvres ! Ou de cette gifle qu’il a vu la reine Élisabeth infliger à son neveu ! Shocking !

On pourrait aussi parler de la drogue, dont il fut prisonnier pendant 16 ans… ! Car oui, il est allé jusqu’au fond. Jusqu’à s’imposer un soir sur scène, complètement « stone », lors d’un concert des Stones. Jusqu’à se faire faire la morale, un soir, par son ami Freddie Mercury (dont il trouvait, du reste, la chanson Bohemian Rhapsody complètement « ridicule »).

Le cas Michael Jackson

Mais les révélations les plus juteuses concernent probablement Michael Jackson. Elton John ne mâche pas ses mots envers le chanteur de Thriller, qu’il a connu personnellement et qu’il décrit comme un parfait « malade mental ».

Dieu sait ce qui se passait dans sa tête, et Dieu sait de quels médicaments il était bourré, mais à chaque fois que je l’ai vu, je me suis dit que ce pauvre garçon avait totalement perdu la boule.

Elton John, dans son livre Moi, en parlant de Michael Jackson

Il évoque d’ailleurs une soirée où il avait retrouvé celui que certains surnommaient « Wacko Jacko » dans un coin, en train de jouer (au sens strict) avec le fils de sa gouvernante. Scène qui l’a visiblement troublé. « Je ne dis pas cela à la légère. C’était réellement un malade mental, quelqu’un d’un peu inquiétant à fréquenter », ajoute-t-il.

Jusqu’ici, les critiques sont d’accord : Moi offre une lecture tout à fait savoureuse. Pas seulement pour les potins, mais pour cette brutale honnêteté dont le chanteur fait preuve et qu’Alex Petridis (critique rock au Guardian, qui l’a assisté à l’écriture) semble avoir plutôt bien traduite en mots.

PHOTO GREG GORMAN, FOURNIE PAR LA MAISON D’ÉDITION

Elton John et son conjoint David Furnish, tous deux habillés
en Versace

Évidemment, mieux vaut être un fan. Mais dans le genre juteux je-vous-mets-tout-sur-la-table (y compris ce que vous n’aviez pas demandé !), voilà peut-être de quoi se changer les idées entre deux mauvaises nouvelles.

IMAGE FOURNIE PAR LA MAISON D’ÉDITION

Moi, d'Elton John, Albin Michel, 400 pages.