Dans ce deuxième opus, l'autrice Lily Pinsonneault renoue avec Jolen, la protagoniste de son premier roman, Sauf que j'ai rien dit, qui avait remporté un joli succès à sa publication en 2017.

Mis à jour le 8 avr. 2019
IRIS GAGNON-PARADIS LA PRESSE

Si le premier évoquait la naissance d'une pseudo-relation compliquée avec son « beau » Joseph, construite en grande partie dans le monde virtuel, le second renoue avec l'héroïne alors que ledit Joseph est parti se faire voir ailleurs et qu'une Jolen fragilisée et au bord de la crise de nerfs retourne vivre chez ses anciens colocs.

Ce qui frappe dans Pas pressée, c'est l'acuité avec laquelle Pinsonneault plonge au coeur des troubles anxieux (sans jamais les nommer explicitement), donnant accès aux pensées noires incessantes et brumeuses de Jolen, qui angoisse à l'idée d'effectuer de simples tâches, sursaute au moindre bruit et se dénigre constamment.

Avec une plume « humoristico-dépressive », l'autrice raconte, dans une langue vivante, très calquée sur l'oral et décidément contemporaine, ce personnage qui tente tant bien que mal d'apprivoiser son mal de vivre et sa peine d'amour à coups d'amitié, d'alcool et de tentatives de faire le vide en surfant sur les réseaux sociaux.

Une lecture qui fait parfois mal, heureusement enrobée de beaucoup d'humour, où percent quelques rais de lumière.

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Pas pressée

Lily Pinsonneault

Littérature d'Amérique (Québec Amérique)

208 pages