Entre comédie, critique sociale, roman noir et enquête policière, ce Lockdown balance, tandis que les personnages, eux, balancent le bassin.

Natalia Wysocka
La Presse

Au rythme de la version merengue de Feliz Navidad. Puis de la version merengue de Jingle Bells. « Applaudid, applaudid », leur intime l’animateur qui peine à camoufler son mépris.

L’ouverture et la perception du lecteur seront aussi perpétuellement mises à l’épreuve, tandis que Guillaume Bourque lui présentera d’une plume trempée dans l’acide les membres d’une famille québécoise élargie, en vacances dans le Sud.

Avec force réalisme et images mordantes, l’auteur montréalais relatera par bribes leur passé parfois touchant, parfois pitoyable, qui ressurgira au détour d’une déposition ou d’une création d’alibi. Car une tentative de meurtre a été commise dans le tout-inclus où ils sont coincés. Un lieu faussement paradisiaque, réellement kitsch, et décrit dans ses détails : sculpture-fontaine de madame à poitrine en jets, concours de limbo, moments de malaises.

Rempli de portraits croquants et de dialogues qui font volontairement grincer des dents (pensez « types de choses atroces susceptibles d’être entendues au bord d’une piscine d’hôtel à Puerto Plata »), ce deuxième roman alterne entre les longues séquences de troubles urinaires, les explorations de désirs refoulés (pour sa belle-sœur, notamment) et les imbroglios de grimace transformée en french avec une petite cousine. Original. Et déroutant.

★★★½

Lockdown. Guillaume Bourque. Leméac. 224 pages.