L’humoriste Julien Lacroix présente, sur Facebook, des excuses aux personnes « blessées ou déçues » par sa réaction initiale aux allégations d’inconduite sexuelle, publiées lundi dans Le Devoir. Il annonce aussi qu’il cesse pour l’instant ses activités professionnelles.

Luc Boulanger Luc Boulanger
La Presse

« On me déconseille de faire ça dans les circonstances actuelles, mais j’ai envie de laisser parler mon cœur pour vrai », a-t-il écrit, mardi après-midi, sur son profil Facebook. « Sur le coup de l’émotion, j’ai réagi rapidement plutôt que de prendre du recul avant de m’exprimer publiquement. Loin de moi l’idée de vouloir banaliser une cause bien plus grande que ma petite personne. Je m’excuse donc sincèrement auprès des personnes qui ont été blessées ou déçues par ma publication. »

« Je profiterai des prochains mois pour prendre une pause professionnelle et faire un travail d’introspection avec des spécialistes, poursuit-il. Au fil des ans, ma vie professionnelle et familiale a été ponctuée de problèmes que j’ai trop longtemps tenté d’éviter. L’heure est venue d’aller chercher des réponses à des questionnements que je traîne avec moi depuis de trop longues années. »

CAPTURE ÉCRAN DE LA PAGE FACEBOOK

Julien Lacroix avait réagi tôt lundi matin à un article du Devoir rapportant les témoignages de nombreuses femmes faisant état d’inconduites.

Dans cette première publication, Julien Lacroix disait n'être « ni un ange ni un démon ». Il blâmait le travail de la journaliste qui signe l’enquête sur les dénonciations portées par neuf femmes à son endroit. L’humoriste de 27 ans estimait aussi que le quotidien avait été « trop loin » en voulant « détruire [sa] vie ».

Sa première publication sur Facebook a suscité beaucoup de commentaires sur les réseaux sociaux, dont celui du père, outré, de l’ex-blonde de Julien Lacroix, l’une des présumées victimes citées dans le reportage du Devoir. Dans la foulée, tous les projets de l’humoriste (films, publicités, websérie, tournée de spectacles) ont été suspendus. Son agence artistique, le Groupe Phaneuf, a confirmé ne plus représenter l’humoriste.

Radio-Canada a aussi décidé de suspendre « la diffusion des entrevues ou prestations individuelles de l’artiste sur ses plateformes ». Par contre, les productions dramatiques auxquelles Julien Lacroix participe sont maintenues « pour ne pas pénaliser l’ensemble des artistes et artisans qui en font partie », a indiqué, lundi, Marc Pichette, premier directeur, relations publiques et promotion, à Radio-Canada.