Face aux allégations d’agressions et d’inconduites sexuelles portées à son égard, l’humoriste Julien Lacroix s’est défendu dans un message publié sur les réseaux sociaux. De son côté, l’agence artistique Groupe Phaneuf ne représente plus l’humoriste.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

Jean Siag Jean Siag
La Presse

L’humoriste a réagi lundi matin aux allégations, détaillées dans un article du Devoir paru le même jour.

« Je commence à être habitué aux ragots et aux potins dans ma courte carrière. Par contre, détruire le travail d’une vie ? Dans un seul article ? Où je n’ai même pas pu donner ma version des faits ? », a affirmé Julien Lacroix sur sa page Facebook, qui n’était plus accessible en début de soirée.

« Je ne suis pas un ange, mais pas un démon non plus, et certainement pas le prédateur sexuel qui sévit depuis une décennie comme Le Devoir me décrit [lundi] matin. De plus, la plupart des événements qu’on me reproche seraient survenus quand j’étais mineur », pouvait-on lire dans le message.

Dans l’article en question, neuf femmes soutiennent avoir été victimes d’agressions ou d’inconduites sexuelles impliquant l’humoriste. Plusieurs d’entre elles ont témoigné à visage découvert. Les situations décrites vont de la relation sexuelle non consentante aux baisers non consensuels et aux comportements déplacés.

Selon le quotidien, Julien Lacroix « n’a pas accepté les demandes répétées d’entrevue qui lui aurait permis d’avoir accès aux informations détaillées obtenues de nos sources et de les commenter. Il a plutôt demandé d’obtenir ces informations, y compris le nom [de nos] des sources, avant de décider s’il [nous] accorderait une entrevue. Face à une liste descriptive des événements relatés ici, il a fait savoir qu’il considère qu’elle recèle des allégations non fondées et diffamatoires ».

Le populaire artiste a annoncé vouloir prendre un moment de recul par rapport à tous ses projets en cours. Il se distancie également de son équipe de gérance et de production afin de « réfléchir aux recours qui s’offrent à lui ».

Le président du Groupe Phaneuf, Benjamin Phaneuf, a confirmé à La Presse qu’il ne représentait plus Julien Lacroix « depuis [lundi] matin ». La décision a été prise par l’humoriste, a précisé le président du Groupe Phaneuf, tout en ajoutant : « mais nous n’aurions jamais accepté de poursuivre notre collaboration ». L’agence, qui représentait l’humoriste depuis 2017, a retiré son portrait de son site web lundi matin.

Julien Lacroix devait notamment participer aux soirées d’humour Projet Parallèle. Il devait se produire les 14 et 15 août à l’Étoile de Brossard. Son nom apparaît toujours sur le site de Ticketmaster.

Par ailleurs, la websérie éducative On parle de sexe, dans laquelle Julien Lacroix abordait avec humour des sujets liés aux relations sexuelles à l’adolescence (avec l’humoriste Rosalie Vaillancourt), n’est plus accessible sur le site web de Télé-Québec, qui l’a produite. Une décision prise « en raison des allégations et du jeune public auquel s’adressent ces capsules », a précisé l’attachée de presse de Télé-Québec, Catherine Lebeuf.

Radio-Canada a également réagi au reportage. Le premier directeur, relations publiques et promotion, Marc Pichette, s’est dit « sensible aux allégations concernant l’humoriste Julien Lacroix publiées lundi matin dans Le Devoir ».

Radio-Canada a décidé de suspendre la diffusion des entrevues ou prestations individuelles de l’artiste sur ses plateformes. Les productions dramatiques auxquelles il participe sont maintenues sur nos plateformes pour ne pas pénaliser l’ensemble des artistes et artisans qui en font partie. Radio-Canada suit de près ce dossier.

Marc Pichette, premier directeur, relations publiques et promotion à Radio-Canada

L’épisode viral de La semaine des 4 Julie dans lequel Julien Lacroix apparaissait a également été retiré par la chaîne V du site noovo.ca, une décision que Bell Média a prise lundi suivant cette même logique.

« Nous allons suspendre la diffusion des interviews et des performances individuelles de Julien Lacroix sur toutes nos plateformes jusqu’à nouvel ordre, a indiqué la direction de Bell Média par courriel. En ce qui concerne les autres émissions sur nos plateformes, nous ne prévoyons pas modifier nos grilles par respect pour tous les artistes et les équipes de production qui font partie des émissions et qui dépendent d’elles pour leur carrière professionnelle. »

Ainsi, le film Mon ami Walid, que Julien Lacroix a coécrit avec Adib Alkhalidey et dans lequel il était en vedette, est toujours offert sur la plateforme Crave. Le gala Carte blanche de Juste pour rire, que Julien Lacroix coanimait avec Adib Alkhalidey, a cependant été retiré.

Desjardins, qui a fait appel à Julien Lacroix pour diverses campagnes publicitaires, dont la dernière remonte au mois de mars dernier, a retiré lundi de son site web toutes les vidéos dans lesquelles apparaît l’humoriste, a confirmé le porte-parole de l’institution Jean-Benoît Turcotti. « Desjardins ne tolère d’aucune façon toutes les formes de harcèlement », a-t-il simplement écrit dans un courriel à La Presse.