Lav Crnobrnja et Slobodan Stojanovic sont les cofondateurs de Vacation Tracker, une application qui permet de bien gérer les vacances et les congés de maladie des employés.

Publié le 25 avril
Isabelle Massé
Isabelle Massé La Presse

Qui ?

Le premier travaille du Québec et le deuxième, de la Serbie. « Je dirige l’équipe marketing et Slobodan, l’équipe technique là-bas. »

Le produit

L’idée d’une telle application a germé en constatant à quel point, en Amérique du Nord, le nombre de vacances et de jours de maladie payés était peu élevé comparativement à de nombreux pays. « On est à la traîne ici, constate Lav Crnobrnja. Comme on a des clients dans plus de 100 pays, on peut comparer. »

Plus directement, il a voulu y donner corps à la suite d’un problème à l’interne de gestion de vacances. « C’est facile de le faire quand on est cinq employés, raconte Lav Crnobrnja. Mais quand on a grandi à 25 employés, on a commencé à s’arracher les cheveux. »

Les bases de Vacation Tracker ont été jetées lors d’un hackathon. Alors qu’il ne pouvait s’appuyer que sur une ébauche, des gens ont communiqué avec Lav Crnobrnja pour savoir quand le produit serait lancé. Une première version l’a été en 2018, puis elle a été améliorée et gonflée de fonctionnalités au fil des mois et des commentaires d’utilisateurs. « Reid Hoffman, créateur du réseau social LinkedIn, a déjà dit : “Si tu n’es pas gêné de la première version d’un produit, c’est que tu l’as lancée trop tard.” Notre première version était très poche ! »

IMAGE TIRÉE DU SITE DE VACATION TRACKER

Une des fonctionnalités de Vacation Tracker est d’avoir une vue d’ensemble des congés au sein d’une équipe.

Le but de l’application est d’automatiser la gestion des vacances, des congés de maladie, de maternité, de paternité en entreprise. « Beaucoup de monde utilise le papier, le crayon et le fichier Excel, dit Lav Crnobrnja. Gérer de façon manuelle prend du temps. Avec Vacation Tracker, on peut épargner de quatre à cinq heures par mois. Quand on a des dates de livraison de produit pour un client, c’est pratique de savoir qui sera là ou non dans l’équipe. C’est possible de recevoir des notifications une semaine avant le départ d’un employé. Ce peut être géré par service ou pour l’ensemble de l’entreprise. »

L’innovation

Les informations de l’application peuvent être intégrées sur des logiciels tels Microsoft Teams et Slack. « On utilise beaucoup d’outils au travail. On doit chaque fois se souvenir de mots de passe et noms d’usager, explique Lav Crnobrnja. Surtout qu’on n’utilise Vacation Tracker que quatre ou cinq fois par an. Là, 90 % des gens peuvent gérer le tout du logiciel dans lequel ils travaillent. Pas besoin de se brancher ailleurs. »

Si tout va bien, Vacation Tracker permettra bientôt d’analyser les données récoltées depuis quatre ans, pour pouvoir avertir, entre autres, les directions des périodes où il y a plus d’absences.

« Faites attention si vous avez une échéance bientôt, car habituellement, il y a moins de gens à cette période de l’année », donne à titre d’exemple Lav Crnobrnja. « On veut être utile pour ceux qui gèrent. »

L’avenir

Jusqu’ici, les dirigeants ont investi plus de 1,1 million de dollars dans le développement de Vacation Tracker. Et ce, sans financement externe. « On aime pouvoir prendre nos décisions, ne rien se faire imposer, explique Lav Crnobrnja. Le but avec des investissements externes est de devenir le premier ou le deuxième dans son marché. Ce n’est pas ce qu’on souhaite. On veut avoir une business profitable sans plus, être un bon acteur dans le marché, avec une bonne culture d’entreprise. Je me sens plus libre ainsi. »

Aujourd’hui, Vacation Tracker compte 1400 clients (et 100 000 usagers par mois) tels IBM, Nike, Bell Canada, des banques et des écoles, notamment. « La majorité des clients sont des technos, mais on a aussi des églises ! lance Lav Crnobrnja. Je ne sais pas pourquoi. »

Celui-ci souhaite désormais une plateforme multilingue. Une version en français devrait être opérationnelle à la mi-mai. Ensuite viendra celle en espagnol. « On veut aussi faire de l’intégration avec les systèmes déjà en place dans les services de ressources humaines des entreprises. »