Ça a cliqué. Pour son application Braindate, qui facilite les conversations et le partage de connaissances lors d’évènements, la PME québécoise e180 a été sélectionnée dans les catégories « Meilleure application en science et éducation » et « Meilleure application en gestion d’évènements » lors de la 26e édition annuelle des Webby Awards.

Publié le 18 avril
Marc Tison
Marc Tison La Presse

Présentés par l’Académie internationale des arts et des sciences du numérique (IADAS), les prix Webby sont généralement reconnus comme la plus haute distinction pour l’internet. Les Oscars du web, en quelque sorte.

Aucun prix n’est encore gagné, mais la nouvelle de cette sélection avait déjà des relents de victoire pour la présidente et cofondatrice d’e180, Christine Renaud, qui se réjouit que sa petite entreprise se mesure aux plus grands sans avoir jamais fait appel au capital de risque.

« On a toujours vu la technologie comme un outil pour transformer la façon dont les gens apprennent, affirme l’entrepreneure de 41 ans. Quand on introduit du capital de risque, la technologie devient un outil à faire de l’argent. »

Ce n’était pas le premier objectif.

Ancienne enseignante, elle a fondé e180 en 2010 avec son associé Alexandre Spaeth pour introduire une nouvelle façon d’acquérir des connaissances : en les partageant, tout simplement.

Lors d’un précédent entretien, en 2014, e180 comptait une dizaine d’employés.

« Depuis la dernière fois qu’on s’est parlé, ça a explosé », lance Christine Renaud. À l’époque, « on était sur notre début de montée ».

Elle relève deux facteurs qui ont accéléré l’ascension.

Le premier est l’arrivée en 2015 d’un troisième partenaire, Sylvain Leclair, ancien d’iWeb Technologies et spécialiste en stratégie de croissance, qui « a vraiment donné un souffle à l’entreprise », dit-elle. « Quand on s’est rencontrés, on est vraiment tombés en amour d’affaires. »

Il a pris la barre de l’entreprise en janvier dernier.

Depuis 2014, e180 a quintuplé sa taille avec maintenant une cinquantaine d’employés, ce qu’elle décrit comme « encore une petite équipe ».

Le principal détonateur de cette explosion « a été notre incursion dans le milieu événementiel », note-t-elle.

À l’origine, l’application permettait aux participants de se donner rendez-vous dans un lieu public – faire connaissance en partageant leurs connaissances.

Outre la difficulté de concilier les horaires et la proximité géographique, « le risque perçu était assez élevé de rencontrer quelqu’un qu’on ne connaît pas dans un café », souligne-t-elle.

Le déclic est survenu quand les organisateurs de C2 Montréal leur ont demandé en 2013 de mettre en place une application de réseautage durant leurs évènements. « On leur a dit qu’on ne faisait pas du networking, mais de l’apprentissage par les pairs. Ils nous ont trouvé très hippies. »

C2 Montréal a néanmoins décidé de tenter le coup, et pour la première fois, e180 a déployé son application dans un grand évènement public.

« En trois jours, on a eu 1200 Braindate. C’était plus qu’en trois ans dans les cafés. »

Cette première expérience a propulsé e180 dans le milieu événementiel.

Car, s’est-elle aperçue, les organisateurs d’évènements fréquentent assidûment les autres évènements, ce qui offre l’immense avantage de concentrer les clients potentiels dans les milieux même où l’application fait ses preuves.

« On n’a pas besoin de faire de gros efforts de vente. Une fois que tu as fait l’expérience d’une Braindate qui a changé ta vie, tu la mets dans ton évènement. »

Un nouveau nom

Au départ, la plateforme ne portait aucun nom, sinon celui de l’entreprise.

À l’époque, Christine Renaud expliquait aux néophytes qu’e180 facilitait des rencontres d’apprentissage par les pairs. « C’était vraiment plate à dire. De plus en plus, j’expliquais le truc en disant que c’était comme des blind dates, un site de rencontre, pas pour trouver la femme de ta vie, mais pour rencontrer quelqu’un avec qui partager des connaissances. »

Elle était dans la file d’attente d’un évènement quand l’homme à qui elle a fourni cette explication lui a répondu : « Ah ! Comme des brain dates ! »

Le nom de la plateforme était trouvé.

La pandémie les a incités à ajouter un volet virtuel. Un concierge, sur place ou en ligne, facilite les contacts et le démarrage des discussions.

« On est dans une quinzaine de pays, maintenant, on a des centaines de clients, on a près d’un million d’utilisateurs de Braindate dans des contextes événementiels. »

Prochain projet

Le prochain grand projet d’e180 consiste à retourner à ses racines communautaires en tirant profit de l’expérience acquise en contexte événementiel.

« On voudrait relancer le produit dans les communautés, explique Christine Renaud. Il s’agit de permettre aux plus petits évènements locaux de pouvoir avoir des Braindate à plus bas prix que ce qu’on peut facturer à Airbnb, Adobe ou la Fondation Obama, qui sont nos clients. »

Entre-temps, elle espère qu’e180 récoltera suffisamment de votes populaires pour souffler le Webby People’s Voice Award à la NASA, son principal concurrent dans la course à la première place.

Une récompense pour une tour de télécommunication portative sur la Côte-Nord

PHOTO FOURNIE PAR CITEC

La tour de télécommunication portative, installée au sommet des montagnes, vise principalement à briser l’isolement des populations vivant en régions éloignées.

La communication vient de tomber : pour son projet de tour de télécommunication portative, le Consortium Innovation Technologique Énergie Côte-Nord (CITEC) a été récompensé par l’Ordre des ingénieurs du Québec, qui lui remet le prix Reconnaissance d’un projet innovant régional pour la région de la Côte-Nord. Le CITEC, situé à Baie-Comeau, a mené ce projet en collaboration avec la firme de génie-conseil CIMA+ et la PME Nova-Pro Développement, d’Havre-Saint-Pierre. La tour de télécommunication portative, de 26 mètres de haut, vise principalement à briser l’isolement des populations vivant en régions éloignées. Elle se signale par son poids léger, sa facilité d’installation et son utilisation de matériaux 100 % recyclables. Sans équipement lourd, une seule personne peut la mettre en place en moins de deux heures. Elle peut être aisément transportée par camionnette, motoneige, hélicoptère, explique Olivier Doucet, coordonnateur du CITEC. « Le but, c’est de la mettre sur une montagne », dit-il. Parce qu’elle est placée sur un sommet, elle n’a pas besoin d’être aussi haute et imposante que les structures courantes. « C’est ça qu’on a besoin, ici. » Les projets innovants honorés par l’Ordre des ingénieurs doivent contribuer à améliorer la qualité de vie des populations.

À la pêche sur l’heure du lunch

PHOTO FOURNIE PAR MONTGRAIN

Un employé de Montgrain taquine la truite durant une pause.

Pas la pêche en ligne, mais à la ligne. Montgrain, une firme de construction spécialisée dans l’enveloppe du bâtiment, a déménagé son siège social d’un parc industriel à un parc tout court. L’entreprise d’une centaine d’employés s’est installée sur un terrain de 6000 mètres carrés dans un milieu semi-rural de Boisbriand, où elle a aménagé une fermette, des sentiers pédestres, une cabane à sucre, un étang, un jardin collectif et un centre d’entraînement extérieur dont tous les employés et leur famille sont invités à profiter. Le petit étang est poissonneux, et les employés peuvent y plonger leur ligne durant leurs pauses. En ces temps de pénurie de main-d’œuvre, le président de l’entreprise, Karl Montgrain, voulait offrir à ses employés un milieu de travail qui correspond à leurs attentes en matière de qualité de vie, de conciliation travail-famille et de stabilité professionnelle. Il soutient que cette politique a accru l’efficacité opérationnelle de son équipe. C’est peut-être pour démontrer la cohésion de cette équipe qu’il compte la faire jouer cet été contre d’autres entreprises du secteur, sur le terrain de baseball qui a lui aussi été aménagé sur le Campus Montgrain.

Un guide à l’usage des entreprises pour la conception des emballages plastiques

Une initiative emballante. Le Pacte canadien sur les plastiques (PCP) a publié un guide pour aider les entreprises canadiennes à améliorer la conception de leurs emballages de plastique afin qu’ils s’insèrent mieux dans l’économie circulaire – bref qu’ils soient plus facilement et fréquemment recyclés. Le guide énumère neuf règles d’or de conception qui abordent l’une des causes fondamentales de l’abandon des emballages plastiques dans la nature : la complexité du recyclage. Selon le PCP, le recyclage des plastiques est compliqué par une mauvaise conception des emballages, l’inclusion de matériaux problématiques, la présence de suremballage et la faible valeur commerciale des produits recyclés en postconsommation. Le Pacte canadien sur les plastiques est une plateforme de collaboration qui rassemble plus de 85 entreprises, gouvernements et organisations provenant de toute la chaîne de valeur des plastiques.

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Quatre jours : c’est désormais la longueur de la semaine normale de travail chez Meubles Saint-Damase, un fabricant montérégien de mobilier hôtelier de luxe. L’entreprise de 150 employés met à l’essai la formule d’une semaine de quatre jours payée pour cinq.