(Montréal) La confiance des entrepreneurs québécois en a pris pour son grade avec le début de la saison automnale, chutant de manière importante en septembre, selon le Baromètre des affaires de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).

Stéphane Rolland La Presse Canadienne

L’indice de confiance à court terme (trois mois) a reculé de 12,5 points par rapport au mois d’août à 47,7 points. L’indice à long terme (12 mois) baisse de 8,8 points à 53,6 points.

« En un mois, perdre autant de points pour un indice, ça signale quelque chose qui est quand même important, commente Simon Gaudreault, vice-président à la recherche nationale à la FCEI. Il faut garder l’œil là-dessus. »

Le recul au Québec est similaire à celui enregistré à travers le Canada. L’indice de confiance a baissé de plus de 12 points à 43,2 points sur trois mois et de neuf points sur 12 mois, à 57,8 points, dans l’ensemble du pays. Le Québec et l’Ontario, les deux provinces les plus populeuses du pays, sont les endroits où le recul est le plus marqué.

Un indice supérieur à 50 indique qu’il y a plus d’entrepreneurs qui affirment que leurs entreprises profitent d’une tendance favorable que ceux qui se disent dans une situation défavorable. En bas de 50 points, le rapport est inversé.

« Les deux indicateurs sont très bas, explique M. Gaudreault. Lorsque l’économie est à son plein potentiel, l’indice tourne aux alentours de 65 à 70. »

Plusieurs nuages semblent s’accumuler à l’horizon pour les propriétaires de PME. Les inquiétudes entourant le variant Delta, la pénurie de main-d’œuvre, la pénurie d’intrants, les difficultés de la chaîne logistique et la fin prévue de certains programmes de soutien gouvernementaux inquiètent de nombreuses entreprises, souligne le vice-président à la recherche nationale.

Pas encore de retour à la normale

La baisse de la confiance démontre qu’il est encore trop tôt pour retirer les programmes d’aide aux PME, juge M. Gaudreault. Il souligne que seulement 40 % des propriétaires de PME canadiennes affirment avoir retrouvé un niveau de ventes « normal ».

Si elles ne sont pas prolongées, la subvention salariale et la subvention pour le loyer au fédéral devraient prendre fin le 23 octobre prochain. « Les conditions ne sont pas réunies pour que ça soit facile faire des affaires, déplore-t-il. Plutôt que de lever le pied sur les programmes d’aide, on croit qu’ils devraient être prolongés, voire même bonifiés selon les circonstances. »

Malgré la vaccination, les mesures sanitaires continuent d’avoir un impact sur certains secteurs, comme la restauration, le tourisme ou le commerce de détail. Dans plus du quart des entreprises canadiennes (26,3 %), on affirme que la demande intérieure est insuffisante pour permettre une augmentation des ventes ou de la production.

« En tant que consommateur, on voit un certain retour à la normale, concède-t-il. Ce n’est pas parce qu’on peut s’asseoir dans le restaurant que ça veut dire que le restaurateur fait encore de l’argent. Si seulement la moitié de sa salle peut être remplie, ça ne veut pas dire que c’est profitable. »

La diminution de la confiance n’est pas que le lot des PME. La tendance baissière s’observe aussi chez les ménages canadiens. L’indice de la confiance des consommateurs du Conference Board s’est contracté de 5,9 points à 109,3 points en septembre. Il s’agit de la troisième baisse mensuelle consécutive et d’un creux de sept mois.

L’humeur est meilleure à la tête des grandes entreprises, selon un rapport mondial de la firme KPMG. Les chefs de direction des grandes sociétés canadiennes sont 89 % à se dire optimistes pour les trois prochaines années. Il s’agit du meilleur score parmi les dirigeants des 11 pays sondés.