La petite entreprise lavalloise Nutcache, qui emploie une quarantaine de personnes au Québec, ajoutera quelque 50 employés aux 35 que compte déjà sa division brésilienne.

Marc Tison
Marc Tison La Presse

Brésilienne comme dans Brésil !

À Recife, qui plus est ! Aucun lien entre les noix du Brésil et Nutcache, qui tire son nom des noix que stockent les écureuils.

Lancée en 2013, Nutcache est une application de gestion de projets et de collaboration tout-en-un, à l’intention des PME. L’entreprise compte environ 1500 clients et 6000 usagers. La moitié sont à l’étranger, dont plusieurs clients importants en France et aux États-Unis.

L’équipe de Nutcache s’est détachée de la société de logiciels comptables Dynacom, fondée en 1990 par Alain Nadeau, pour en devenir une division indépendante, dont il est également le président.

La petite firme de Laval, qui a connu une croissance de 15 % depuis le début de la pandémie, affronte des problèmes de recrutement. « Avec le télétravail, on s’est dit que tant qu’à travailler à distance depuis la Rive-Nord ou la Rive-Sud, pourquoi pas depuis un autre pays ? », affirme Alain Nadeau.

C’était déjà pour répondre aux difficultés d’embauche en terre québécoise qu’il avait fondé la division brésilienne en 2018.

Pourquoi pas en Asie, comme tout le monde ?

Ce n’est pas faute d’avoir essayé.

« Je suis allé en Inde, au Bangladesh, en Chine, pour voir comment je pourrais créer une autre société pour m’aider à combler mon manque de personnel », raconte-t-il.

Revenu malade et miné par le décalage horaire de son périple d’un mois, il a jugé qu’il serait difficile pour une PME comme la sienne de maintenir une succursale aux antipodes.

C’est alors que sa conjointe lui a suggéré le Brésil.

« Ma conjointe est brésilienne », révèle-t-il pour résoudre l’énigme.

« Je suis allé au Brésil, j’ai rencontré des gens et j’ai décidé de créer une société là-bas. »

Et pourquoi Recife plutôt que Rio ou São Paulo ?

« Pour lancer une société au Brésil, on a besoin d’un partenaire du pays. Ma conjointe venait de la région de Recife, son frère habitait là et je me suis associé avec lui. »

Des renforts brésiliens

Nutcache Brazil prévoit engager plus de 50 personnes d’ici la fin de l’année – des spécialistes en marketing, des programmeurs, des analystes.

Les tâches plus complexes, celles des ingénieurs et architectes de systèmes, par exemple, ont été conservées au Canada, tout comme les centres de données et la gestion comptable.

« Là-bas, ils vont surtout coder. Ça nous permet de croître et de baisser les coûts », indique le président.

Chez Nutcache Brazil, deux spécialistes en ressources humaines travaillent au recrutement.

Ils ne manquent pas de candidats.

« Tous les services de santé sont payés par l’entreprise. On est aussi compétitifs que n’importe quelle entreprise, et même mieux. Pour vous donner un exemple, pour 50 postes, on a reçu 1500 CV. Ici, pour dix postes affichés, on reçoit un CV et on est chanceux. »

Les employés brésiliens parlent tous l’anglais et plusieurs s’expriment bien en français.

Alain Nadeau veut puiser dans ce bassin de compétences pour renforcer son personnel québécois.

« D’ailleurs, cette semaine, j’ai fait venir mon premier Brésilien et sa conjointe pour travailler au Canada », relate-t-il.

« Ce sont des travailleurs très qualifiés, ils sont tous universitaires. C’était très difficile pour eux d’immigrer depuis quelques années, et je leur offre cette occasion-là. On trouve ça très gagnant. »

Son objectif est de faire du logiciel Nutcache un succès mondial, à la sauce californienne.

Mais il a aussi des ambitions brésiliennes.

« En janvier, j’ai l’intention de lancer une firme de ressources humaines pour fournir du personnel à d’autres entreprises au Québec, pour n’importe quelle tâche qui peut se faire à distance. »

Evol prend son envol


PHOTO FOURNIE PAR EVOL

La présidente du conseil d’administration d’Evol, Cadleen Désir, est par ailleurs PDG et fondatrice de Déclic

Le premier conseil d’administration de l’organisme Evol, anciennement Femmessor, vient de trouver sa première présidente. Cadleen Désir, PDG et fondatrice de Déclic, un réseau de professionnels au service des enfants à besoins particuliers, mènera un conseil de 12 membres. En changeant son identité de marque, l’organisme élargit également sa mission. Alors que Femmessor se vouait à l’entrepreneuriat féminin, Evol entend « soutenir davantage d’entreprises à propriété diversifiée et inclusive, qui génèrent des impacts positifs alignés sur les 17 objectifs de développement durable de l’ONU ». Il leur offre du financement et de l’accompagnement grâce à des partenariats avec le gouvernement du Québec, la Banque Nationale, la BDC, le Fonds de solidarité FTQ et Fondaction. Evol est présente dans 17 régions du Québec.

Un parc industriel urbain… pour artisans

Il n’y a pas de plus petite PME qu’un artisan. La Ville de Lac-Mégantic va créer une sorte de petit parc industriel à leur intention, sous la forme d’un quartier qui favorisera l’accès à la propriété pour les créateurs d’objets faits main. Mené par l’organisme Quartier artisan, le projet veut attirer les artisans en les aidant à acquérir une propriété où ils pourront résider et faire croître leur entreprise. Doté d’un budget de 850 000 $ sur cinq ans, il procurera des prêts pour la mise de fonds et la rénovation. Ce projet s’animera au cœur d’un ancien quartier ouvrier de Lac-Mégantic. Au moment de la revente, les mises de fonds seront récupérées et la plus-value sera partagée pour maintenir l’abordabilité des propriétés du secteur. L’OBNL Quartier artisan vise à « outiller les artisans entrepreneurs » afin d’en faire « des piliers de l’économie québécoise et maximiser leur impact social et culturel ». Le projet est également soutenu par la société immobilière solidaire Vivacité et Desjardins.

PME MTL Grand-Sud-Ouest récompensé en mobilité durable

Déplacements durables : pas parce qu’ils durent longtemps, mais parce qu’ils empruntent la voie de la préservation des ressources et de l’environnement. Le 23 septembre dernier, les Centres de gestion des déplacements métropolitains ont décerné leurs Prix Leaders à des organisations qui se sont démarquées au cours de la dernière année par leurs actions de soutien aux déplacements durables. Le Prix Fédérateur a été remis à l’organisme PME MTL Grand-Sud-Ouest, qui avait rallié les PME du secteur enclavé Chabot, dans le quartier Sud-Ouest, pour encourager leurs employés à venir travailler à vélo. Son projet a été récompensé « parce qu’il est le fruit d’une démarche de mobilisation interentreprises et d’un plan de gestion des déplacements d’envergure, et parce que sa visibilité dans l’espace public participe à la promotion d’une réelle culture de la mobilité durable ». Il se caractérise notamment par une installation à l’angle des rues Saint-Patrick et Pitt qui allie supports à vélos, aire de repos et art public, sous la forme d’une ancienne machine-outil peinte de couleurs vives. BIXI et le cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu ont également reçu des prix.

30 millions de décimètres

C’est la surface d’aluminium qu’A3 Surface pourra traiter chaque année avec son procédé d’anodisation antimicrobienne, dans la nouvelle usine qu’elle a inaugurée le 17 septembre au Saguenay. C’est l’équivalent de 300 000 m2. Ou 0,3 km2. Ou 50 terrains de football canadien, zones des buts exclues.