L’intelligence artificielle atteint un nouveau creux : grâce à l’IA, une petite firme québécoise va aider les compagnies minières à surveiller et maintenir en état leurs actifs d’extraction.

Marc Tison
Marc Tison La Presse

Déjà que l’exploitation minière n’est pas douce pour l’environnement, s’il fallait en plus que le matériel se dégrade jusqu’aux bris, aux accidents et aux fuites dans la nature…

C’était la préoccupation de l’ingénieur Benoit Bédard et de quatre collègues, quand ils ont fondé la petite firme BEAP, vouée aux technologies propres, en 2020.

BEAP a mis au point une plateforme intelligente qui recueille et analyse les données relatives à l’état de l’équipement statique des compagnies minières, comme les réseaux de tuyauterie, les convoyeurs et les bâtiments, pour en prévoir les défaillances et la durée de vie.

Cette plateforme de surveillance à distance « sert un peu de dossier médical pour des actifs dans le monde industriel », exprime Benoit Bédard, président de BEAP.

L’acronyme formé des initiales des fondateurs se prononce bîp !, rappelant le signal d’alarme d’un appareil médical, explique-t-il.

L’entreprise de Québec et la firme de génie-conseil Norda Stelo viennent de lancer un projet conjoint de 1,2 million, soutenu par Investissement Québec, pour tester et mettre au point cette plateforme auprès de deux compagnies minières québécoises, dont Minerai de fer Québec.

« L’objectif est d’améliorer l’aspect économique pour le client, qui réduit ses coûts de maintenance et d’inspection. Mais c’est surtout de réduire les accidents humains et environnementaux », souligne Benoit Bédard.

BEAP soutient qu’une maintenance qui prévoit et prévient les défaillances des actifs les plus importants peut procurer une importante réduction des coûts et une augmentation de la production de l’ordre de 25 %.

Un système qui apprend

Le système de BEAP se concentre principalement sur l’équipement minier statique, dont les données ne sont pas déjà prélevées par télémétrie.

Les résultats d’inspection de ces équipements sont habituellement recueillis dans des formulaires manuscrits, souvent aussi disparates que dispersés.

« On n’a pas vraiment une vue d’ensemble de cette donnée-là, constate Benoit Bédard. Notre objectif était de réussir à centraliser cette information éparpillée, qui a beaucoup de valeur, avec l’information prise en télémétrie. »

Les données d’inspection peuvent être recueillies avec une application mobile sur tablette électronique ou téléphone intelligent.

« La prochaine fois qu’une pompe va envoyer un signal de problème, on va pouvoir associer le problème à des signes vitaux, à des symptômes, à un diagnostic, puis à un traitement. »

C’est ici que l’intelligence artificielle entre en scène : grâce à son analyse en profondeur et à son apprentissage, elle recommandera bientôt des interventions précises sur les pièces à risque plutôt que sur l’ensemble de l’équipement, prolongeant sa durée de vie et réduisant substantiellement les coûts.

De même que les fuites dommageables à l’environnement.

Plus que les mines

BEAP estime que son innovation pourrait intéresser quelque 22 mines, 14 fonderies et 16 usines au Québec.

La plateforme trouvera également usage dans le secteur énergétique, au pays comme à l’étranger, tout comme dans les installations portuaires.

« En collaborant avec des firmes comme Norda Stelo, on travaille d’emblée dans d’autres marchés, affirme Benoit Bédard. Mais pour ne pas diluer nos efforts, on vise d’abord le marché minier. »

L’entreprise, qui compte pour l’instant neuf employés, s’apprête à lancer une ronde de financement pour soutenir sa croissance.

La compétition est forte, reconnaît cependant Benoit Bédard. Le marché est déjà labouré par des géants comme ABB et IBM.

Mais BEAP, outre qu’elle a une lettre de plus, peut compter sur « un réseau de partenaires qui ont les compétences techniques et qui sont en mesure de vraiment venir apporter une valeur ajoutée parce qu’ils ont la connaissance terrain ».

Un terrain que BEAP entend bien creuser en profondeur.

De Calgary à Pakuashipi

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE

Pakuashipi

Quel est le lien entre Calgary et Pakuashipi, en (très) Basse-Côte-Nord ? C’est le partenariat que tisse Steel River Group, un consortium de gestion et de construction détenu par des Autochtones, avec la petite communauté innue, pour la mise en place d’un instrument économique collaboratif. Établi à Calgary, Steel River Group s’associe aux communautés des Premières Nations pour mettre sur pied des projets d’infrastructure créateurs d’emplois. Pakuashipi est située entre Tête-à-la-Baleine et Blanc-Sablon, sur la rivière Saint-Augustin, face au village du même nom, à 60 km à l’intérieur des terres. Le recensement de 2016 y dénombrait 237 habitants. Steel River entend travailler avec Pakuashipi et les communautés voisines pour repérer et exploiter les occasions propices à la création d’emplois durables. Originaire de la région, son président, Trent Fequet, est conscient des défis que pose l’éloignement de la communauté. « J’ai grandi au bord de la rivière Saint-Augustin, a-t-il déclaré. Toute la Basse-Côte-Nord recèle un potentiel incroyable. Ce que nous y trouvons actuellement n’est que la pointe de l’iceberg. »

Les PME et la campagne électorale

Elles ne votent pas, sinon par l’intermédiaire de leurs dirigeants, mais les PME ont néanmoins un intérêt marqué pour la campagne électorale en cours. On ne sera pas renversé d’apprendre que la santé de l’économie est au sommet de leurs priorités pour les prochaines élections fédérales. Un nouveau sondage de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) montre que 78 % des propriétaires de PME ont placé cet enjeu en tête de leur liste. La relance des PME à la sortie (incomplète et périlleuse) de la pandémie arrive au deuxième rang, avec 74 % d’appui. Et comme la plupart des électeurs, les PME (ou du moins leurs propriétaires) doutent que les politiciens seront sensibles à leurs justes doléances. À peine le quart (24 %) d’entre eux croient que les plateformes des partis politiques accorderont une attention suffisante à leurs préoccupations.

L’ambition mondiale de Peak Fintech

C’est une bouchée qui ouvre l’appétit. Peak Fintech vient de signer un accord pour gober la société d’analyse de données et d’intelligence artificielle Cubeler, ouvrant ainsi la voie à son expansion en Amérique du Nord. Établie à Montréal, Peak Fintech est la société mère d’un groupe de filiales spécialisées dans les technologies financières, qui travaillent dans le secteur des prêts commerciaux en Chine. Peak gère le Cubeler Business Hub, un regroupement d’entreprises et institutions qui facilite les relations et les transactions entre ses membres, pour la plupart chinois. La technologie au cœur du Business Hub a été développée par la montréalaise Cubeler, qui en détient les droits. Son acquisition est la plus importante transaction de l’histoire de Peak, a commenté son PDG Johnson Joseph, dans un communiqué. « Cela nous donne non seulement une autonomie complète sur la technologie qui sert à générer 90 % de nos revenus, mais nous permet aussi de commencer la prochaine phase de notre vision pour le Business Hub. » L’entreprise montréalaise nourrit la fière ambition de créer un écosystème mondial d’entreprises et d’institutions financières, dans lequel l’analyse de données et l’intelligence artificielle faciliteraient les affaires.

62 %

C’est la proportion de PME canadiennes qui ont instauré la vaccination obligatoire contre la COVID-19 pour leurs employés ou qui prévoient de le faire. Cette piquante statistique est issue d’un nouveau sondage mené par KPMG auprès de 505 propriétaires ou gestionnaires de PME entre le 6 et le 15 août.