On dit que, pour réussir en affaires, il faut être visionnaire et déterminé, bref, qu'il faut avoir du dynamisme. Qu'arrive-t-il quand les deux conjoints qui dirigent une même entreprise possèdent de telles qualités? Cela donne évidemment une PME en forte croissance, mais aussi un couple qui doit être capable de mettre de l'eau dans son vin.

Mis à jour le 14 févr. 2011
Stéphane Champagne, collaboration spéciale LA PRESSE

Pierre Trudeau et Louise Nadon sont propriétaires de Laboratoire Du-Var, à Boucherville. Ils fabriquent des produits cosmétiques, dermatologiques, pharmaceutiques, de même que des produits de santé naturels. Ils sont en couple depuis 1974. M. Trudeau a acheté l'entreprise en 1987. Mme Nadon a délaissé sa PME de comptabilité pour venir travailler aux côtés de son conjoint.

En 20 ans, leur chiffre d'affaires est passé de 700 000$ à 10 millions. Laboratoire Du-Var fabrique des centaines de produits dont 75% sont vendus au Canada et 25% aux États-Unis pour le compte de marques nationales.

«Dans les premières années, on ramenait tout à la maison, on parlait du travail 24 heures par jour. C'est l'envers de la médaille quand on est un couple en affaires, on peut facilement sombrer dans le travail», explique Mme Nadon, 60 ans.

La naissance de leurs trois filles a quelque peu permis à ces deux passionnés de prendre un peu de recul. Malgré un horaire atypique («Je n'ai jamais fait de 9 à 5», dit-il), Pierre Trudeau allait conduire les enfants à la garderie, puis à l'école. «Et les week-ends, c'était sacré! À quelques exceptions près, j'étais toujours avec la famille», confie cet ingénieur de 58 ans qui ne connaissait strictement rien aux produits pharmaceutiques quand il s'est porté acquéreur de Laboratoire Du-Var.

Les enfants ont fini par grandir. Et le couple s'est remis à bosser et à parler affaires. Peut-être même trop. «Nos filles ont travaillé dans l'entreprise pendant leurs vacances d'été. Mais elles n'ont jamais voulu prendre la relève. Dans leur tête, faire des affaires, c'est avoir des problèmes. On n'était pas en guerre, Louise et moi, mais on parlait peut-être trop de boulot à la maison», croit Pierre Trudeau.

Le respect

Pour que leur couple tienne la route, Louise Nadon et Pierre Trudeau disent avoir toujours été respectueux l'un envers l'autre. «On s'est toujours vu comme égaux dans l'entreprise et on a toujours discuté au fur et à mesure que les choses survenaient. On n'a jamais gardé ça en dedans», dit Louise Nadon qui, pour se changer les idées, s'est investie dans le CLD (Centres locaux de développement du Québec) et la chambre de commerce de Boucherville.

Aujourd'hui, l'équipe de Laboratoire Du-Var est comme une deuxième famille pour Louise Nadon et Pierre Trudeau. «Quand l'équipe est bâtie, c'est plus facile de décrocher», fait remarquer Mme Nadon.