(Washington) Les Américains ont très peu dépensé en avril, alors qu’une large partie de la population était confinée, et les entreprises de taille moyenne pourront compter dans les prochains jours sur les prêts de la Réserve fédérale pour vite relancer leur activité.

Julie CHABANAS
Agence France-Presse

Avec des centres commerciaux fermés et des restaurants et bars qui ne pouvaient vendre qu’à emporter, les Américains ont eu tout loisir de faire des économies en avril.

Leurs dépenses – qui représentent une large part du PIB – ont chuté de 13,6 %, selon les données du département du Travail publiées vendredi.

En parallèle, et de façon inattendue, leurs revenus ont grimpé de 10,5 % par rapport à mars. Mais les salaires ont diminué, et cette augmentation est uniquement due à la hausse des prestations sociales.

À commencer par le chèque du gouvernement, allant jusqu’à 1200 dollars par personne selon les revenus, qu’ont touchés des millions de personnes aux États-Unis, comme prévu par le plan de relance économique négocié en mars par le Congrès américain et l’administration Trump.

Autre élément qui a permis de gonfler le porte-monnaie des ménages, les 600 dollars de chômage supplémentaires que touchent chaque semaine jusqu’à fin juillet tous les bénéficiaires, qui sont désormais nombreux à gagner plus en étant au chômage qu’en travaillant.

La confiance, élément clé

Résultat : les économies des Américains sont à un plus haut historique, 33 %, dans un pays où le premier réflexe pour acheter est d’emprunter, plutôt que d’épargner.

S’ils « continuaient à bénéficier de prestations sociales, le taux d’épargne resterait élevé au cours des prochains mois. Cela favoriserait une reprise de la consommation une fois que l’économie sera rouverte et que des emplois seront disponibles », relèvent les analystes de Barclays dans une note.

Car sans ces aides publiques, « les salaires ont diminué de près de 880 milliards de dollars, une baisse de 8 % », avertit l’économiste Joel Naroff.

« Les consommateurs dépenseront-ils plus à l’avenir ? Sans aucun doute oui, mais la question est de savoir combien. La confiance (des consommateurs) sera la clé », estime-t-il.

Or, celle-ci était quasiment stable en mai, n’augmentant que très légèrement. Et surtout, les ménages restent inquiets pour les mois à venir, lorsque l’argent public ne sera plus distribué, selon l’indice de l’Université du Michigan également publié vendredi.

Cette enquête précise que ni les indemnités chômage rehaussées ni le chèque aux Américains n’ont permis de stimuler les dépenses non indispensables « en raison de l’incertitude quant à l’évolution future de la pandémie ».

Prêts aux entreprises

L’heure est désormais à la réouverture, progressivement, État par État, comme le réclame le président Donald Trump. La capitale fédérale Washington D. C. entame ainsi son déconfinement ce vendredi.

Pour permettre aux entreprises de passer la tempête et rapidement relancer leur activité, plusieurs programmes de prêts ont été mis sur pied par la Réserve fédérale (Fed) d’une part, par l’administration Trump et le Congrès d’autre part.

Dernier en date : celui destiné aux entreprises de taille moyenne, trop petites pour se financer en Bourse, mais trop grandes pour bénéficier des prêts prévus par le plan de relance de l’économie américain.

Cette aide sera lancée « dans quelques jours », a assuré le président de la Fed, Jerome Powell.

L’économie américaine semble montrer quelques signes d’un timide début de reprise, après avoir été terrassée par la pandémie et été au plus bas en avril.

Le nombre de chômeurs indemnisés a reculé pour la première fois, alors que les employés licenciés commencent à retrouver leur emploi ou un nouveau poste à la faveur des premières réouvertures d’entreprises.

Les États-Unis ont indemnisé jusqu’à près de 25 millions de personnes début mai, après l’explosion des demandes en raison de la pandémie, contre un niveau habituel de 1,7 million de bénéficiaires.

Malgré cela, l’activité économique dans la région de Chicago, à forte dominante manufacturière, qui souffrait déjà avant la pandémie, est tombée en mai à son niveau le plus bas depuis 1982.