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Gare aux bulles spéculatives

Les marchés sont devenus « accros » aux... (Photo archives AFP)

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Les marchés sont devenus « accros » aux accommodements à répétition des grandes banques centrales. Les opposants craignent que cet argent facile ne favorise le retour en force de l'inflation.

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Richard Dufour

Chaque dimanche, un financier répond à nos questions. Il donne sa lecture des marchés, offre son point de vue sur la Bourse et lance quelques conseils d'investissement. Cette semaine, Jacques Lacroix, de BT Croissance Globale à Montréal.

L'INDICATEUR À SUIVRE

Nous tenons à l'oeil la volatilité des marchés, particulièrement l'indice VIX qui reflète les attentes de volatilité du marché américain. C'est un indicateur du degré de nervosité des investisseurs : plus ils sont nerveux, plus ils auront tendance à vendre à la moindre information. Le niveau absolu de l'indice VIX est aussi important que sa tendance. Lorsqu'il descend sous la barre des 11 ou 12, nous craignons une trop grande complaisance des investisseurs. Lorsqu'il dépasse la barre du 20, c'est qu'il y a quelque chose qui préoccupe les marchés. Après avoir dépassé 50 en août, le VIX a amorcé une descente qui se poursuit. Cette tendance est de bon augure pour la performance des marchés dans les prochaines semaines.

OÙ INVESTIR ?

La Bourse américaine demeure l'endroit le plus intéressant. Il existe une panoplie de « FNB » qui permettent d'investir dans les indices américains. Évitez ceux qui protègent contre les fluctuations de change, car le dollar américain devrait rester fort pour un moment. Nous demeurons prudents sur l'état de l'économie canadienne. Le prix des ressources pourrait demeurer déprimé pendant encore plusieurs trimestres. Nous recommandons plutôt des titres d'entreprises dont les profits actuels et futurs ne dépendent pas de l'économie canadienne. Dans ce contexte, Alimentation Couche-Tard est un bon exemple. Cette entreprise mise sur l'économie la plus résiliente de la planète, celle des États-Unis, tout en offrant une belle occasion d'appliquer sa recette gagnante dans les pays scandinaves.

L'ÉVÉNEMENT DE LA SEMAINE

Pour les investisseurs canadiens, les résultats de l'élection fédérale sont significatifs. L'arrivée d'un gouvernement majoritaire élimine un facteur d'instabilité potentiel. Les marchés détestent l'incertitude. La Bourse canadienne a d'ailleurs bien réagi cette semaine, surtout si on considère que les cours du pétrole étaient en baisse. L'élection des libéraux a aussi eu des effets sur plusieurs titres. Par exemple, les attentes créées par Justin Trudeau au chapitre de l'augmentation des investissements en infrastructures ont fait réagir positivement les titres de sociétés des secteurs de la construction et du génie-conseil. Un autre exemple de l'effet libéral, qui touche seulement une petite frange, a été la forte hausse de certains titres liés à la production de marijuana.

LE PLACEMENT À ÉVITER

Si vous avez un horizon à court terme ou si vous ne supportez pas la volatilité, il faut éviter le secteur de la santé et particulièrement les pharmaceutiques. Après avoir été frappée par les critiques de politiciens américains sur les augmentations de prix des médicaments depuis le milieu de l'été, la valeur des titres de ce secteur s'est encore affaiblie cette semaine. Dans un tel environnement, les investisseurs vendent d'abord et posent des questions ensuite. La volatilité perdurera quelque temps : taper sur la tête des pharmaceutiques, surtout étrangères, risque d'être très tentant pour les politiciens américains dans l'année électorale qui s'en vient. Mais pour les investisseurs qui ne craignent pas la volatilité, il y a des occasions qui se créent actuellement.

UN PLACEMENT SOUS-ESTIMÉ

Les marchés sont devenus « accros » aux accommodements à répétition des grandes banques centrales. Les opposants craignent que cet argent facile ne favorise le retour en force de l'inflation. L'argument qui leur est habituellement servi est que dans la plupart des pays développés et même en Chine, c'est la déflation qui menace. La réalité est que cette inflation est déjà là, mais sous forme de bulles spéculatives dans divers secteurs. Les investisseurs empruntent à faible coût pour acheter de l'immobilier ou des titres du secteur de la santé ou des réseaux sociaux. Plutôt que le prix des produits et services et les salaires, ce sont les prix de certains actifs qui sont poussés à la hausse par une demande excessive.

L'EXPERT DE LA SEMAINE

Jacques Lacroix est gestionnaire de portefeuille chez BT Croissance Globale à Montréal. Il a cofondé la firme il y a une dizaine d'années. Avant de fonder BT Croissance Globale, il était vice-président de la planification stratégique chez Telesystem International Wireless. L'actif sous gestion chez BT Croissance Globale s'élève à environ 35 millions de dollars.




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