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De l'espoir dans les titres à revenu

Dans un contexte de faibles taux de rendement... (Photo Ivanoh Demers, archives La Presse)

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Dans un contexte de faibles taux de rendement durant une période aussi prolongée, des investisseurs ressentent beaucoup d'aversion pour des titres à revenu, en particulier des obligations.

Photo Ivanoh Demers, archives La Presse

Chaque semaine, un financier offre son point de vue sur les marchés boursiers et donne des conseils d'investissement. Cette semaine, deux stratèges se sont prêtés à l'exercice : Daniel Solomon, chef des placements à la firme de fonds NEI de Toronto, et son principal conseiller en titres à revenu, Myles Bradshaw, directeur de stratégie mondiale chez Amundi Asset Management, de Londres.

LES OBLIGATIONS ? VRAIMENT...

Dans un contexte de faibles taux de rendement durant une période aussi prolongée, des investisseurs ressentent beaucoup d'aversion pour des titres à revenu, en particulier des obligations. Mais nous ne sommes pas de cet avis. D'autant que nous parvenons, année après année, à générer des rendements qui excèdent celui des indices de référence dans nos principaux fonds de titres à revenu (obligations de base et à haut rendement, actions à dividende, etc.). Les placements en titres à revenu, gérés de façon active, demeurent une composante essentielle de tout portefeuille bien équilibré, pour tempérer la volatilité à court terme des placements en actions, comme celle qui subsiste depuis quelques mois.

L'ÉVÉNEMENT DE LA SEMAINE

Nous nous concentrons sur l'évolution des messages de la Réserve fédérale américaine (Fed). Nous gérons nos placements en fonction d'une remontée du taux directeur en fin d'année, suivie de deux autres hausses en 2016 et en 2017. Entre-temps, cette attente continue d'influer sur la valeur du dollar américain. Et cette valeur est déterminante pour le potentiel de rendement qui est attendu des obligations de pays d'économie émergente. En ce sens, la situation de la Chine est de première actualité pour ce marché des obligations de pays émergents. Les plus récents indicateurs ont renforcé le sentiment que le changement structurel de l'économie chinoise continuera de peser sur les perspectives économiques et boursières des pays producteurs de ressources naturelles, comme le Canada.

L'INDICATEUR À SUIVRE

D'emblée, l'évolution du taux de chômage aux États-Unis, l'un des indicateurs les plus considérés par la Fed pour ses décisions de politique monétaire.

En ce sens, la tendance des récentes données du marché du travail américain, malgré les chiffres préliminaires de septembre un peu faibles, nous motive à maintenir notre perspective de croissance durable de l'économie américaine.

On s'attend même à voir les premiers signaux de hausse des salaires dans certains secteurs de l'économie, après des années de stagnation, sinon de recul.

Lorsque ça se produira, ce sera sans doute interprété dans le marché obligataire comme un autre motif pouvant inciter la Fed à déclencher la remontée du taux directeur.

OÙ INVESTIR ?

Notre stratégie privilégie la maximisation du rendement courant (coupons, intérêts, dividendes, etc.) en fonction des divers risques ou occasions pouvant influer sur la valeur de ces titres.

Nos cibles de rendements courants et annualisés se résument ainsi : 2,1% dans les obligations canadiennes et 2,4% au niveau mondial ; 3,5% dans les actions à dividendes au Canada, 3,2% aux États-Unis et 4% au niveau mondial ; 7,7% dans les obligations corporatives mondiales ; enfin, 6,3% dans les transactions d'options de couverture sur des actions canadiennes.

LES RÉGIONS À PRIVILÉGIER

Par régions, nous sommes moins attirés par les titres à revenu au Canada, en raison de rendements courants très affaiblis. Nous ne détenons plus d'obligations canadiennes et seulement 10% en actions canadiennes à dividendes.

En contrepartie, nous sommes à 22% en obligations mondiales, à 25% environ en obligations corporatives internationales à haut rendement et autour de 43% en actions mondiales à dividendes.

À ÉVITER

Nous préconisons une certaine prudence envers les obligations des pays d'économie émergente. Et ce, malgré l'attirance à court terme envers leurs rendements courants (taux) plus élevés que dans la plupart des autres marchés.

La conjoncture économique dans ces pays émergents demeure trop embrouillée avec l'impact de la croissance ralentie en Chine. Aussi, leurs politiques monétaire et budgétaire sont très touchés par la force du dollar américain sur le marché des devises.

Cela crée beaucoup d'incertitude quant aux prochaines décisions de leurs banques centrales et de leurs gouvernements, avec des conséquences imprévisibles sur la valeur de leurs devises et de leurs obligations.

NOS EXPERTS EN BREF

Chez NEI, qui gère pour six milliards d'actif de fonds communs d'investissement, David Solomon est vice-président, chef des placements et gestionnaire de portefeuille.

De son bureau de Londres, Myles Bradshaw dirige les stratégies mondiales de placements en titres à revenu à la firme européenne Amundi Asset Management, qui cumule un peu plus de 1000 milliards US en actifs de clients sous gestion, dont Placements NEI de Toronto.




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