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Millionaire avant 40 ans

François a été initié à la Bourse à 11 ans... (Photo archives AFP)

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François a été initié à la Bourse à 11 ans quand son oncle lui a offert en cadeau sa première action. Une action de Canadian Tire (en véritables dollars).

Photo archives AFP

Marc Tison
La Presse

« Mon seul objectif lorsque je vous ai contacté était que vos lecteurs réalisent la magie de l'épargne systématique. En commençant jeune, on peut accumuler une jolie somme assez tôt dans la vie. Je comprends que vous aimeriez mettre un visage sur cette histoire, mais je préfère garder l'anonymat et mettre tout le focus sur l'histoire... sinon j'aurais l'impression de faire tout cela pour les mauvaises raisons. »

« Vers 2001, je parlais de placements de retraite avec ma collègue et future conjointe, et je lui ai dit que si je n'avais pas 1 million de dollars à 40 ans, c'est qu'il y aurait eu un problème. À l'époque, je gagnais 40 000 $ par année. »

François a maintenant 39 ans. Le million a été atteint en janvier dernier.

« Sans objectif, on ne se rend pas », énonce-t-il.

« J'ai amorcé un programme d'épargne systématique dès mon premier vrai emploi, à l'âge de 24 ans. En faisant des choix intelligents, j'ai réussi à accumuler un montant de près de 1,1 million avant mes 40 ans, en excluant tous les actifs non liquides. Bref, en moins de 15 ans. »

« Rien de très impressionnant, nuance-t-il, mais tout de même très positif. »

De nombreux Québécois rêvent de réunir un portefeuille aussi peu impressionnant.

HUMBLES DÉBUTS

Ses parents n'étaient pourtant pas des requins de la finance. « Ma mère était agente de voyages et mon père était militaire », confie François.

Mais il a été initié à la Bourse à 11 ans quand son oncle lui a offert en cadeau sa première action. Une action de Canadian Tire (en véritables dollars).

L'action valait 10,50 $, se souvient-il. « Chaque trimestre, j'avais un chèque de quatre sous que j'allais encaisser à la banque. Ça m'a donné la piqûre. »

L'oncle - non, il ne s'appelait pas Picsou - lui a permis d'acheter et de détenir des actions par son entremise. « J'avais investi environ 200 $. J'ai connu le krach de 1987. J'ai perdu un gros 36 $. » Une perte considérable quand la fortune dépasse à peine 200 $.

« Mais tous les matins, je me levais, j'ouvrais le journal et je regardais mes titres. Je m'amusais. »

SAVOIR VOIR PETIT

Pour viser grand, il faut voir petit. Petit appartement. Petite voiture d'occasion. Grande épargne.

François est entré sur le marché du travail au tournant des années 2000, après des études en marketing. Sur un salaire brut de 40 000 $, il réussissait à investir 1000 $ par mois.

« Il faut l'enlever de sa paie dès le départ. On est ensuite obligé de vivre avec ce qui reste et on fait alors les bons choix. » - François

Dans les années qui ont suivi, ses augmentations de salaire étaient attribuées à l'épargne. « Je suis capable de vivre avec ce que j'ai présentement, alors l'augmentation s'en va en placements », se disait-il.

Puis il s'est enhardi.

« Ayant un petit peu d'expérience avec le marché boursier et pour avoir lu beaucoup là-dessus, j'ai décidé de gérer mon portefeuille par moi-même. J'évitais un paquet de frais financiers. »

DIVINS DIVIDENDES

François et sa conjointe se sont fixé tôt quelques règles d'investissement. « On achète de la qualité », décrit-il.

« J'ai toujours privilégié les actions de compagnies solides, avec de forts dividendes. Mon but était de pouvoir vivre un jour uniquement avec les dividendes. » Il réinvestit les dividendes dans des actions à dividendes. Des dividendes composés, en quelque sorte.

Cette stratégie, fondée sur la durée, le rend moins sensible aux fluctuations boursières.

« À cause de la stratégie de dividendes, que l'action baisse de 25 ou 30 %, ça ne m'empêche pas de dormir. Ce capital, je n'y toucherai peut-être jamais dans ma vie. » - François

Il est aussi acheteur d'options d'achat et de vente de titres. Une stratégie qu'il utilise avec grande prudence, assure-t-il.

Mais n'allez pas croire que ce ne fut qu'une longue ascension conquérante. « En 2008, mon portefeuille a baissé de 65 %. C'est de la solide débarque. »

Ses placements s'étaient alors contractés à 160 000 $. « Mais mon portefeuille de dividendes n'avait pas trop changé. Et les dividendes permettaient de racheter à bas prix. »

UN PEU DE PIMENT

En 2001, sa conjointe et lui s'étaient donné un jeu pour ajouter un peu d'intérêt à la discipline : le premier qui atteint 100 000 $ en épargne paie une gâterie au couple. La route qui menait aux millions a été ainsi jalonnée de gages.

« C'était toujours des voyages ou des repas au restaurant dans le monde. »

Ils se sont fixé également des étapes d'épargne globale pour le couple, qui donnent lieu à des week-ends de vacances.

Et le million, demandez-vous ?

« C'est d'aller à Paris, à la Tour d'argent, où il y a un montant minimal à dépenser. C'est en mettant un peu de jeu autour de l'affaire que ça devient intéressant. Sinon, ce n'est que mettre de l'argent de côté et ça devient plate. »

RICHE TRAIN DE VIE MODESTE

François réussit maintenant à épargner 50 % de son chèque de paie. « Oui, mon salaire a augmenté avec les années, mais je ne fais pas un million. »

Combien ? Plus de 100 000 $, reconnaît-il. Il est certain que l'épargne s'accumule plus rapidement avec un salaire élevé. Mais encore faut-il conserver un niveau de vie raisonnable. Il habite une maison dans l'Est de Montréal qu'il a payée 230 000 $ il y a huit ans.

« On n'a pas une grosse maison. On voyage beaucoup, mais on n'a pas le fardeau d'une hypothèque qui coûte les yeux de la tête. On a fait des choix qui pour nous sont intelligents. » - François

Pas question de confier l'entretien de la maison en sous-traitance. « Le ménage, je le fais moi-même. Ça me donne 3000 $, l'équivalent d'un voyage par année. »

HÉRITAGE

François et sa conjointe sont parents d'une fille de 11 ans.

Elle suit la voie tracée par son père.

« Maintenant, c'est ma fille qui achète des actions par mon entremise, raconte le fier papa. Avec ses cadeaux de fête ou de Noël, elle achète quelques actions dont elle a entendu parler, que j'ai dans mon portefeuille ou non. Elle a actuellement une action de McDonald's, une action de John Deere et deux actions de Canadian Natural Resources. Elle est bien contente que le dollar américain s'apprécie et elle croit dur comme fer que la baisse du pétrole n'est qu'une crise passagère ! »

Une millionnaire en herbe.




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